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[Costa Rica] Il ne reste plus de joues à tendres

category amérique centrale / caraïbes | impérialisme / guerre | communiqué de presse author Thursday August 05, 2010 03:10author by Colectivo La Libertad Report this post to the editors

Déclaration du collectif La Libertad qui nous arrive du Costa Rica. Elle traite de la militarisation croissante de la zone Amérique Centrale-Caraïbe. Elle examine aussi la répression croissante contre le mouvement populaire et contre chaque forme de protestation sociale ainsi que sa position devant l'autorisation donnée pour le stationnement de milliers de marines yankee sur le territoire du Costa Rica. Solidarité et Force. [Castellano] [English]
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Il ne reste plus de joues à tendres

Depuis début juillet jusqu'en août, les travailleuses et travailleurs de plantations de bananes, les paysans et les indigènes de la province de Changuinola en Bocas de Torro (Panama), sont en grève pour la défense de leurs droits [Code du Travail. Ntd] gravement menacés par la dite loi «Chorizo»[1] et par la loi « Carcelazo » approuvée par le gouvernement droitier et militariste de Martinelli.

Plus de 4000 travailleurs affiliés à la Confédération des Travailleurs de la République du Panama et 700 travailleurs de la Convergence Syndicale ont manifesté le 8 juillet leur rejet de l'élimination du droit de grève, la restriction de la liberté syndicale, l'emprisonement punitif pour les manifestants et la suppression des quotas syndicaux. Ils furent brutalement réprimés par les forces de police. Les coups de matraques et la violence policière ont tué 7 personnes, tandis que plus de 100 personnes ont été hôspitalisées et près de 30 détenues.

Ces actions ont réveillé les mobilisations dans toutes les provinces du pays. Comme, par exemple, la convocation de la part de la « Rencontre nationale de dirigeants populaires, syndicaux et corporatifs », à une grève nationale pour le mardi 13 juillet. Les organisations ouvrières et paysannes, ménacées dans leur existence par la création, au travers de cette loi, d'une centrale syndicale fidèle au gouvernement, ont exigé la libération des travailleurs emprisonnés et ont exprimé leur colère pour les assasinats politiques commis.

Cependant, la violence de l'Etat, les pressions officielles et le nouvel encerclement médiatique, comme tant d'autres fois dans notre région, ont permis la « négociation » et ont accouché d'une « sortie » du conflit. Mais ce cas est un exemple de plus des formes que le système capitaliste et l'Etat revêtent actuellement dans la région d'Amérique Centrale ; c'est un exemple de la barbarie que peut porter la droite fasciste pour imposer ses projets de libéralisation économique, d'appropriation des ressources et marchandisation de la vie.

Il s'agit d'une tendance qui a réussi en quelques années a prendre forme dans l'axe militariste et néo-libéral des États de la région, depuis le Mexique et le Honduras, en passant par le Costa Rica, jusqu'au Panama et la Colombie. La relation étroite de l'actuel président du Costa Rica avec le gouvernement de Martinelli (qui dans sa forme la plus vulgaire se concrétise par la participation d' effectifs policiers du Costa Rica dans les actes de répression à l'intérieur des frontières panaméennes). Le rôle que notre pays a joué dans la légitimation internationale du coup d'Etat au Honduras et du gouvernement inconcevable de Porfirio Lobo n'est pas dû au hasard.

Ce n'est pas un hasard non plus si la présence militaire créolle a augmenté ces derniers mois parallélement à l'influence et l'intervention militaire Nord-Américaine. L'autorisation de débarquement de plus de 7000 soldats, 46 bâteaux de guerre et 200 hélicoptères de l'armée étasunienne de la part de l'alliance officialiste-évengélique-liberticide du parlement tico, expose de manière crue l'inexistance de souveraineté nationale au Costa Rica et la claire disposition de l'oligarchie locale à se mettre sous les ordres des projets géo-politiques du gouvernement gringo.

Ainsi, le mensonge, que jour après jour ils nous racontent sur notre Costa Rica de paix et et sa pérpetuelle et sacro-sainte neutralité est mis à nu : les militaires gringos jouiront d'une immunité absolue devant la justice costaricaine, les marines pourront entrer et sortir du pays à volonté et circuler dans tout le territoire national en uniforme et en portant leurs armes de combat. Personne ne s'alarme de la cascade de dénonciations internationales sur des agressions, des violations et mauvais traitements commis par les effectifs gringos contre les citoyennes et les citoyens d'autres pays occupés.

Mais, ne croyez pas que ceci est nouveau. La stratégie militariste du gouvernement pouvait déjà se percevoir dans l'accord d'échange avec le gouvernement italien sur l'entraînement militaire de policiers costaricains contre des bons carbones. Et que dire des nombreuses occasions où depuis 2007 des débarquements semblables ont été approuvé : 5 navires de guerre artilleurs et 17 gardes-côtes il y a 3 ans, 13 navires de guerre avec un équipage approximatif de 20 officiers chacun et 200 soldats en 2009 (tous chargés d'avions et d'hélicoptères), et beaucoup plus d'autorisation de débarquement pour les gardes-côtes. Tout ceci, sous couvert du discours sécuritaire démocratique et du combat contre le narco-trafic

La fausse guerre contre les drogues, qui jamais ne prend comme objectif principal les capos des mafias locales et internationales, ni les figures de la politique de la drogue des gouvernements régionaux, n'est qu'une illusion, un discours en hologramme pour dévier l'attention des véritables intérêts : augmenter la présence militaire nord-américaine en Amérique Centrale et consolider l'hégémonie du projet néo-libéral. Il ne faut pas se cacher que dans le monde entier, les pays sous la plus forte présence militaire étasunienne sont ceux qui présentent les plus grandes augmentations de la production de drogue.

Les consèquences de ces mécanismes, nous sommes en train des les vivre maintenant quasi quotidiennement : répression politique, criminalisation, démantèlement juridique des droits, criminalisation des manifestations, stigmatisation médiathique de la lutte sociale. Cette guerre permanente contre « l'autre » (l'immigré, le déliquant, le communiste, l'intrigrant, mais aussi le paysan, l'indigène, le pauvre), particulièrement dans sa version de guerre contre les narcos, est en réalité, comme il est dit avant, une « guerre contre les peuples » (http://www.elpais.cr/articulos.php?id=28871). « Une guerre qui n'atteint pas l'Amérique oppulente du nord », et qui n'a pas d'intérêt à poser de manière sérieuse une solution au conflit.

Cette guerre supposée est une agression régionale calculée et systématique. Elle constitue l'expression explicite d'une impulsion implicite : le contrôle et la domination des populations et de ressources. Les stratégies commerciales cachent des stratégies de mise à sac, les initiatives de coopération cachent des intérêts de contrôle, les politiques de sécurité régionale cachent les politiques de la domination géopolitique. Un exemple de ces formes sont les traités de libre-échange, l'Initiative Mérida, le Plan Colombie, mais aussi des signes plus ponctuels comme le Traité Obama-Uribe pour l'usage de 7 bases militaires colombiennes de la part des États-Unis, la réactivation récente de la Quatrième Flotte, le coup d'État au Honduras, l'occupation militaire en Haïti et la concession de nouvelles bases militaires au Panama.

En Amérique Centrale, l'Etat de droit n'existe qu'à partir de sa négation. La sécurité n'existe qu'à partir de sa négation. La paix n'existe qu'à partir de sa négation. Notre peuple vit agressé par la loi et dans la violence. L'unique promesse que nous fait le pouvoir c'est de ne jamais se fatiguer de frapper cette « autre joue » que nous ne cessons d'offire inlassablement ; ainsi, l'unique promesse que nous pouvons nous faire est de nous armer de dignité et garantir que maintenant il n'y a plus de joues, seulement des poings levés.

Collectif La Liberté
San José, Costa Rica
Juillet 2010

Traduction: [OSL] Relations Internationales
Notes de traduction:
1.La loi « Chorizo » est un mélange de réformes de 9 différentes lois, incluant de grandes transformations dans le Code du Travail (donnant aux patrons le pouvoir de renvoyer les employés grévistes, par exemple, ou annulant l'obligation de payer à des tarifs syndicaux), des lois sur la criminalité (criminalisant les manifestations, obligation de procéder à des relevés ADN pour toute personne sous investigation policière), lois environementale (exemptant les projets considérés « d'intérêt social » de mener une étude sur l'impact environnementales) et des lois sur l'immigration. Cette loi est impopulaire auprès de nombreuses couches de la population du Panama et donne une totale impunité aux forces de l'ordre.

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