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Témoignage : Des deux côtés du mur de la honte, la Palestine

category machrek / arabie / irak | impérialisme / guerre | nouvelles author Wednesday January 21, 2009 06:50author by Nicolas - Alternative Libertaire Report this post to the editors

Cet été, dans le cadre du projet « tous témoins tous acteurs » de l’association Génération Palestine, une centaine de jeunes sont partis pendant deux semaines à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Quoi de mieux pour les soixante ans de la Naqba – la « catastrophe » de la guerre de 1948 et de l’exode des vaincus – qu’un voyage en Palestine ? Avec le blocus de Gaza, soixante ans après, le quotidien des Palestiniennes et des Palestiniens est toujours aussi dur et le « mur de la honte » devient, après celui de Berlin durant la Guerre froide, le point de polarisation de l’opposition Nord-Sud, le symbole de la ghettoïsation et du racisme. Génération Palestine est partie pour témoigner de la réalité de cette occupation qui n’en finit pas.
Après trois jours dans la Vieille Ville de Jérusalem et en Israël, Génération Palestine a rencontré les Palestiniennes et les Palestiniens de 1948, aujourd’hui citoyens israéliens mais qui ne disposent pas des mêmes droits. On a pu constater l’ampleur de la ségrégation. Les Palestiniens se font régulièrement confisquer et détruire leurs maisons qui sont ensuite données aux Israéliens blancs. À Jérusalem, la forte démographie arabe inquiète les sionistes. Dans le district de Silwan, on détruit des maisons palestiniennes pour faire des fouilles archéologiques et déterminer la « judaïté historique » de cette partie de la ville.

Hébron et Ni’lin

La ville d’Hébron est particulièrement marquante tant le racisme et l’injustice y sont pesants. La ville est séparée en deux depuis 1997 : Hébron1 (H1), zone palestinienne et Hébron2 (H2), zone israélienne. Elle possède en son cœur une colonie juive, ultra sécurisée par l’armée, où vivent une poignée de sionistes religieux extrémistes désireux de récupérer la ville où se trouve le tombeau des patriarches. En 1994, un extrémiste juif, Baruch Goldstein, a ouvert le feu dans la mosquée d’Ibrahim et tué 29 personnes Au moment de l’opération Rempart, l’armée a décrété un couvre-feu pour raison de sécurité, mais l’objectif réel était de faire fuir les Palestiniennes et les Palestiniens de la ville. À Hébron, Juifs et Arabes ne se croisent pas. Il n’est pas rare que des colons fanatiques agressent les Palestiniens ou incendient leurs maisons. Même d’un point de vue politique, il est difficile de comprendre pourquoi l’État dépense autant pour une ville qui ne rapporte rien, juste pour faire plaisir à une poignée d’excités. Hébron ressemble à une ville en guerre avec des check-points, des maisons détruites ou brûlées, des soldats et des miradors sur les toits, des barbelés et des barrières de séparations qui progressent, grignotant toujours plus la zone arabe de la ville.
Au cours du séjour, Génération Palestine a participé à une manifestation pacifiste contre le « mur de l’Apartheid » à Ni’lin, en solidarité avec les villageoises et les villageois. Tsahal a accueilli la manif avec des gaz lacrymogènes prohibés et des tirs de balles en caoutchouc. Un participant qui filmait a été particulièrement pris pour cible par les soldats et blessé.
La construction du mur conduit à l’annexion de facto des terres agricoles par Israël qui va jusqu’à s’appuyer sur des lois datant de l’Empire ottoman et du mandat britannique pour confisquer les terres. Dans le village de Mas’ha, en 2003, les manifestations ont fait reculer le tracé du mur jusqu’aux frontières de 1967. Les villageoises et les villageois de Ni’lin espèrent la même chose et sont aidés par des anticolonialistes israéliens, comme le célèbre groupe des Anarchistes contre le mur. Quatre jours après le passage de Génération Palestine, le jeune Ahmad Musa, âgé de 10 ans, était assassiné à Ni’lin au cours d’une manifestation semblable, par l’armée israélienne.

Hamas-Fatah à couteaux tirés

Au niveau politique, la situation reste tendue entre le Fatah (nationaliste) et le Hamas (islamiste) depuis la prise de contrôle militaire de la bande de Gaza par ces derniers. Cet été, malgré des discussions, des affrontements ont eu lieu entre les deux partis. Pourtant le Hamas se rapproche peu à peu des pratiques du Fatah depuis qu’il se présente aux élections. En deux ans, il a fait à Israël des concessions que le Fatah avait mises vingt ans à faire. Il reste malgré tout le mouvement de résistance le plus populaire auprès des Palestiniens.
Presque un an après la mort de son leader historique George Habache, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, marxiste) espère toujours créer un 3e courant, de gauche, entre le Fatah et le Hamas. Le FPLP s’allie néanmoins traditionnellement au Hamas pour les élections municipales, même si des tensions sont apparues entre eux au sujet de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) dont le FPLP est membre mais auquel le Hamas reproche de ne représentera en rien le peuple palestinien. Le FPLP appuie les conflits sociaux, notamment les mouvements de chômeurs qui sont en perte de vitesse. Les Palestiniennes et les Palestiniens connaissent un chômage endémique car le patronat israélien s’efforce de se passer d’eux en faisant appel à des ouvriers philippins.
Toutefois il existe toujours des dynamiques de luttes populaires. Les comités populaires s’engagent contre la construction du mur et des colonies. Il s’agit d’associations de solidarité auxquels beaucoup de gens participent. Selon les endroits, ces comités sont indépendants et pallient les déficiences ou l’absence de l’Autorité palestinienne mais, dans les grandes villes notamment, les responsables sont liés aux partis politiques.
Israël, n’a jamais réussi à diviser les Palestiniennes et les Palestiniens en tentant d’opposer chrétiens et musulmans. L’identité nationale palestinienne, née avant la Nakba et renforcée par elle, reste forte et prime sur l’appartenance religieuse. Aujourd’hui ce sont les divisions politiques qui font le jeu d’Israël, même si, fondamentalement, le peuple palestinien reste uni dans la lutte. Avec l’accélération de la colonisation et la construction du mur, il est peu probable qu’un État composé de la Cisjordanie et de Gaza naisse dans les frontières de 1967, et les Palestiniens croient de moins en moins à la possibilité de deux États, un israélien et un palestinien vivant côte à côte. Le rapport de forces sur place étant en faveur d’Israël, le peuple palestinien attend beaucoup des mouvements de solidarité anti-impérialiste.

Nicolas (AL 77)

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