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Déclaration sur la Situation au vénézuela

category vénézuela / colombie | impérialisme / guerre | communiqué de presse author Wednesday March 27, 2019 02:36author by FAU y CAB - Federación Anarquista Uruguaya y Coordinación Anarquista Brasilera Report this post to the editors

Traduction en français de l'article de la FAU/CAB sur la situation au Vénézuela. bast, Coordination des Groupes Anarchistes
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Le Venezuela est de nouveau au centre des débats. D’innombrables déclarations dans toute la presse et tous les médias d'acteurs divers condamnant le gouvernement de Maduro, d’autres reconnaissant Guaidó comme Président, d’autres prenant leurs distances, comme si tout ce qui était en jeu actuellement au Venezuela allait être résolu avec la reconnaissance ou non d'un gouvernement déterminé. En réalité le sujet est beaucoup plus profond, et comme nous l’avons déjà abordé dans d'autres occasions, nous essaierons de faire ici une analyse conjoncturelle spécifique dont la trame est beaucoup plus complexe. Une analyse que nous réalisons avec le plus de rigueur possible mais toujours par le spectre de notre conception Anarchiste et Especifiste, en tant que partie intégrante des peuples latino-américains qui résistent chaque jour à toutes les structures du système capitaliste et à toutes les politiques impérialistes, spécialement celle de l'impérialisme nord-américain, présent depuis presque deux siècles dans notre région. Avec son MONROISMO et sa prétention que l'Amérique latine serait son arrière cours.

Nous savons que le 10 janvier Nicolas Maduro a pris fonction d’un nouveau mandat présidentiel au gouvernement. Pendant les semaines préalables, le Groupe de Lima (un groupe créé et intégré par 12 pays de la région aux seuls buts d'abattre le gouvernement de Maduro) a réalisé une active campagne contre celui qu'ils considèrent comme étant un "dictateur", "usurpateur", un "gouvernement illégitime", dans le but d'empêcher un nouveau mandat de Maduro et du PSUV (Parti Socialiste Uni du Venezuela).

Cette nouvelle campagne fût accompagnée d’une forte activité interne menée par l’opposition au gouvernement du PSUV, avec comme point d’orgue l’auto-proclamation du presque inconnu Juan Guaidó en tant que « Président intérimaire ou de transition ». Qui est Juan Guaidó ? D'où vient-il? La même question a été posée par la plupart des médias internationaux qui l'ont soutenu, c'est-à-dire qu'une grande partie des grands médias internationaux soutiennent une personne inconnue, et lui octroie une place d’importance dans la société.

Mais l'agence de presse américaine AP a rapporté que Guaidó, à la mi-décembre, s'était rendu "en silence" à Washington, en Colombie et au Brésil pour informer les responsables de la stratégie de l'opposition, consistant à organiser des manifestations de masse, dans la période correspondant au serment pour le second mandat de Maduro le 10 janvier, selon l'ancien maire de Caracas (évadé et exilé) Antonio Ledezma.

Ce même Juan Guaidó est un député, appartenant à un groupe d'opposition d'extrême droite, présumé président de l'Assemblée nationale, qui depuis 2016 ne fonctionne pas et ne se réunit pas, en raison de certains conflits internes ainsi qu’à cause des conflits occasionnés entre l'opposition et le gouvernement de cette époque au moment d’assumé une majorité d'opposition dans ladite assemblée ou parlement. Un conflit de pouvoirs au sein de l'État, mais que maintenant la droite, énonçant des directives impérialistes, utilise pour essayer de fomenter un nouveau coup d’État.

Deux événements politiques importants se sont produits presque simultanément et ce n’était pas un hasard, c’était une stratégie résultant d’accords antérieurs : l’auto-assermentation de Guaidó et sa reconnaissance immédiate par les États-Unis.

Ce qui est frappant aux yeux du public à cette occasion, c’est que Juan Guaidó semble devenir du jour au lendemain le chef de l’opposition, avec le soutien inconditionnel du gouvernement américain, pour déstabiliser à nouveau la situation politique et sociale du Venezuela. mettre fin à la "révolution bolivarienne" et rétablir les partis de droite et d'extrême droite au sein du gouvernement. Le projet connût tout de même quelques problèmes dans son accomplissement. Les propres opérateurs et cerveaux politiques de la droite vénézuélienne ont critiqué Guaidó pour sa "tiédeur" dans les premiers instants de sa comparution publique, car il n'avait pas décidé de se proclamer "président par intérim", comme il l’a finalement fait le 23 janvier avec le soutien, cette fois totale, de cette même droite et des USA. Toute la droite incite à un coup d'État pur et simple.

Un coup d’Etat non traditionnel essayant de combiner différents éléments pour le réaliser mais auquel s’ajoute ici la menace d’une intervention militaire extérieure.

Cela n’est pas nouveau

Cette nouvelle direction prise par la droite vénézuélienne est associée au message du vice-président nord-américain Mike Pence, qui a encouragé les manifestations contre Maduro qui ont débuté le 21 janvier et qui ont atteint leur zénith le 23. Ce sont là d’immenses mobilisations qui, sans aucun doute, ont réussi à capturer et à canaliser le mécontentement de la population envers la "révolution bolivarienne". Mais cela ne signifie pas que ces mobilisations expriment directement les désirs et les ambitions des classes dirigeantes vénézuéliennes et de l'extrême droite. Cette situation idéologique sociale est beaucoup plus complexe.

En fait, Guaidó est le "référent", le pion placé dans ce cas par les États-Unis, car il n'y en a pas d'autre. Les principaux représentants de la droite sont extrêmement discrédités que ce soit à cause de leur appartenance à une classe, comme María Corina Machado, dirigeante de Vente Venezuela et de Sumate, femme d'affaires et membre de "l'oligarchie" vénézuélienne, à laquelle le régime de Chavez a exproprié certaines de ses entreprises importantes, telles que les industries de l'aluminium; ou Leopoldo López, une référence à l'extrême droite du parti populaire Voluntad, photographiés en train de commettre des attentats, entre autres, contre les bustes de "Che" Guevara ou encore Hernando Capriles, dirigeant de Primero Justicia, iels sont clairement épuisé-e-s et ne peuvent exercer un leadership efficace.

En plus iels ont également des problèmes entre elleux dû à leurs luttes de pouvoir. C'est pourquoi la nomination de ce "pion" et sa logique "incinération", a pour fonction de mener à bien tout le sale boulot dont est capable l’impérialisme et ses alliés. L’objectif est de sortir Maduro, d’établir un gouvernement de transition et de le soutenir sur le plan international, tant avec les gouvernements de ces latitudes qu’en Europe. Menaçant par la même occasion via des mesures militaires. Accompagnant et participant à tout cela, les compagnies nord-américaines sont préparées pour la manœuvre. En bref, ils essaient de créer une situation sans issue pour la continuité du gouvernement bolivarien de Maduro.

Comme nous nous en souvenons, cette situation n’est pas nouvelle. En avril 2002, les États-Unis avaient alors soutenu un coup d'État contre Chávez, mettant au pouvoir Pedro Carmona, président de l'association des employeurs de Fedecámaras1. Un coup d’état avec un sens aigu de guerre de classe s’il y restait des doutes. Ce coup a échoué, Chávez est revenu au gouvernement et a promu avec une nouvelle vigueur une série de politiques sociales ("les Missions") et un certain protagonisme de la population dans les "communes", projet promu par l'Etat, mais qui a néanmoins déclenché une participation importante des personnes dans un certain laps de temps, créant des coopératives de production, de consommation, organisant des quartiers entiers sous une forme autogérée limitée mais avec une participation réelle et active à de vastes plans sociaux. Cela a été fait au sein de la structure capitaliste et a coexisté avec la bureaucratie d'État et le rôle croissant de l'armée, dans un processus contradictoire, mais où la population a commencé à avoir un peu de tout ce qui avait été refusé pendant des siècles: une alimentation digne, des services sociaux, une certaine dignité et participation sociale et politique. Avec cette politique sociale, le gouvernement Chávez compta sur un fort soutien populaire.

Le « Caracazo » de 1989 était encore frais dans les mémoires, cette immense explosion populaire contre la politique néolibérale de Carlos Andrés Pérez, qui a généré une hyperinflation et la faim, et la répression féroce qui a suivi ont causé la mort de 3 000 personnes. Chávez apparaît publiquement en 1992, dans une tentative de coup d’État qui a échoué. Libéré des années plus tard, c’est là qu’il a lancé un mouvement politique qui finalement réussi à rassembler la gauche vénézuélienne, incluant même plusieurs anciens membres de la guérilla des années 1960. Un militaire au discours nationaliste, qui tourne peu à peu à gauche car entouré de gens et de partis d'un cercle de la gauche large ... une de ces expériences politiques atypiques, menées au sein de la structure capitaliste, qui nous a rappelé les "populismes" des années '40 et '50.

Ce qui est sûr c’est que cette politique de réformes et certaines redistributions à caractère populaires ont suscité le rejet de la bourgeoisie vénézuélienne et de la droite. Un instinct de classe clair - et de racisme - a été mis à jour: pour la bourgeoisie désormais, les noir-e-s et les mulâtres, les Indien-ne-s, les pauvres, celleux d’en bas, avaient accès à "quelque chose" et ce "quelque chose" sera toujours surdimensionné par celleux qui ont le pouvoir et la richesse. Ce "quelque chose", même si ce n'était pas beaucoup, iels ont estimé que cela leur appartenait, aux riches, aux propriétaires du Venezuela, et ils n'étaient pas – et ne sont pas - prêts à le perdre.

C'est pourquoi le coup d'État de Carmona en 2002 est arrivé: Coup d'État amené par la Fedecámaras, la Central de Trabajadores du Venezuela (centrale syndicale jaune financée par les États-Unis) et les partis politiques traditionnels Copei et Acción Democrática.

La tentative de coup d’État échouant, les États-Unis – et ainsi tout le spectre de l’intrusion/invasion impérialiste, dirigée par la CIA (Central Intelligence Agency), se mirent à travailler avec des moyens énormes (des centaines de millions de dollars) pour financer de nouvelles organisations sociales d'opposition, d’apparence inoffensives et des partis politiques de l’opposition (Voluntad Popular, intégré par Guaidó, Primero Justicia et autres). Sans négliger la tentative de renforcement des partis de droite traditionnels. Parallèlement, par le biais de mécanismes tricheurs et cyniques, elle finance diverses ONG et organisations œuvrant en faveur de "l'éducation citoyenne" et des "droits de l'homme". L’objectif de cette stratégie impérialiste avec le Commando du Sud2 et la CIA en première ligne était et reste d’affaiblir le régime de Chavez pour orienter le gouvernement à droite. Les moyens pour atteindre le but ne comptent pas. Que ce soit par voie électorale, par la déstabilisation du régime en place ou par un coup d'État, cela ne concerne ni les États-Unis ni l'opposition vénézuélienne. Ce qu’en souffre le peuple ne les intéressent pas, ils ont fait couler des fleuves de sang et ont semé la faim toute leur vie, sans que cela ne les fassent ni sourciller. Leurs discours humanitaires doivent rendre efficace leur politique misérable et meurtrière qui incombe toujours sur celleux d’en bas.

La mort de Chávez a été un coup dur pour le régime, comme pour la perspective de continuer à mener une politique dite ‘Bolivarienne ». Chavez avait désigné Maduro comme son "dauphin", il avait vu que la forme actuelle du gouvernement prenait l'eau. Perçus qu'à l'intérieur du PSUV, les luttes internes pour obtenir des quotas de pouvoir s'intensifieraient et que la corruption, la bureaucratisation et la vénalité augmenteraient, comme ils l'ont fait. Les racines du système n’avaient pas été changées et la logique qui régit toutes les relations du pouvoir dominant se mettaient cruellement en place. La population n'accompagnait pas Maduro avec le même enthousiasme, il n'était pas le détenteur de la netteté politique et du charisme de Chavez. Parce que c’était un processus qui avait compté sur un quota élevé de "charisme personnel", profitant d’un certain "populisme du 21ème siècle", l’un de ses points faibles était là. Même pour suivre une politique de réformes modérées, dans un contexte moins favorable pour le mouvement populaire.

Devant les contours qui se présentaient, notamment le degré de mécontentement populaire, la droite et les États-Unis ont intensifié leurs attaques. Les mobilisations se sont multipliées au cours de la même année en 2013, après le décès de Chávez. Ils ont utilisé comme fer de lance le mouvement étudiant, dont un secteur était fortement infiltré par la droite. Bientôt, les partis d'opposition passèrent outre les étudiants pour devenir les meneurs des protestations. Les fascistes de Leopoldo López et Hernando Capriles avec leurs apparences "démocratiques" sont devenus célèbres. Les caméras de la presse internationale, qui jouaient un rôle important, étaient là pour montrer comment ces réactionnaires et ces putschistes étaient arrêtés et voir même comment certain sont décédés, mais non pas pour montrer ce qu’ils ont fait, par exemple faire brutalement prendre feu à un militant "chaviste". En outre, trente-cinq centres de santé publics (Mission Barrio Adentro), deux hôpitaux, trente-neuf installations du réseau de distribution publique de produits alimentaires, dix-huit médias alternatifs et communautaires ont été assiégés ou attaqués violemment.

Il n’ont pas non plus montré la résistance populaire dans la rue, pas plus qu’ils ne l’avaient montré en 2002. Il a été prouvé que les "guarimbas" de l’opposition étaient organisées et armées avec beaucoup d’argent provenant des divers tentacules de la CIA, tels que NED et IRI (partis des plans de financement possédés par diverses organisations de droite), en présentant nombre d’entre elles comme des défenseurs de la liberté, de l’éducation, des droits et de l’humanité. Ils ont intériorisé un cynisme cruel qui mérite de loin la première place.

Depuis lors pendant longtemps, la droite a alterné manifestations de rue (pas toujours massives) et généralement aux alentours des quartiers riches de Caracas ou d’autres villes, ainsi qu’une participation électorale. Mais les élections, ce dispositif libéral bourgeois ridicule, ne sont utiles que si elles donnent le résultat souhaité par la bourgeoisie. Comme le Chavisme s'est spécialisé dans la victoire aux élections libérales bourgeoises, la bourgeoisie vénézuélienne, nord-américaine et la plupart des bourgeoisies du monde déclarent donc qu’elles ne sont pas des élections valables, qu’au Venezuela il existe une dictature et que Maduro est un usurpateur. Rien ne leur importe, et ils cachent que le député Guaidó, désormais "Président en charge", a été élu lors d'élections organisées par le même pouvoir électoral que l'élection présidentielle du 20 mai, au cours de laquelle Maduro a été réélu. Jamais plus qu’aujourd’hui il n’est devenu aussi certain que des élections ne sont valables que si elles obtiennent ce que les puissants veulent.

Il s'agit ici d'une nouvelle vague d'attaques, mais il y en a eu plusieurs et dans chacune d'entre elles, la droite et les États-Unis ont été vaincus jusqu'à présent. Cependant, le régime de Maduro s'érode, des divisions apparaissent en son sein, divers groupes, personnes et secteurs populaires manifestent leur mécontentement sans pour autant se tourner vers la droite, tout cela dans un contexte où la situation économique et la gestion de la distribution d'aliments et de médicaments s'est aggravée ces dernières années. Des grands monopoles des affaires tels que le géant Polar n'ont pas été attaqués dans des domaines pourtant importants. À cela il faut ajouter l'inefficacité, la corruption, la bureaucratie du gouvernement lui-même et le "marché noir" qui se développe dans ces situations de désespoir.

Géopolitique et Pétrole

La participation directe, bien qu’avec quelque chose de nouveau dans les modalités, des USA dans la situation actuelle du Venezuela fait partie de sa stratégie géopolitique où, bien sûr, la prédation et le vol de la richesse par les transnationales qui composent le cadre du pouvoir impérialiste ne sont pas absents.

Le savoir, les faits, sont en vue, la politique belliqueuse des États-Unis sa géopolitique des dernières décennies tendant à conserver sa puissance mondiale, menacée sous certains aspects, s'est exprimé dans de nombreux événements sanglants et meurtriers. Ceux-ci portent avec eux des dangers qui peuvent être d’ampleur générale. Un exemple en est la politique d’armements concernant l’augmentation et la valorisation du potentiel nucléaire, le placement d’armes nucléaires à des endroits qui constituent une violation des accords précédents, tout en obligeant des puissances telles que la Russie à des réactions de haut risque.

L’empire nord-américain, allié au grès des opportunités à d’autres pays, a procédé à toute une série d’interventions sanglantes, participant directement à plusieurs affaires et combinant cette intervention à d’autres techniques, telles que l’armement de groupes avec l’intervention d’autres pays pour faire une partie de leur travail. Ceci sans oublier les milliers de mercenaires, regroupés dans de puissantes entreprises, qui dans ces événements brutaux apparaissent parfois avec un poids considérable.

Pour le dire rapidement, c’est d’abord la Yougoslavie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, puis ils se sont rendus en Syrie. Il y avait des intérêts mixtes ici, économique, politique, pouvoir, zones de contrôle que l'empire considérait comme stratégiquement importantes pour contenter l’appétit de ses structures de pouvoir et de ses compétences face à d'autres pays tels que la Chine.

Mais toutes ces actions impérialistes macabres n’étaiten pas faciles à mettre en œuvre et n’apportèrent pas les résultats escomptés. Au contraire, cela signifiait un coup important qui ne valait pas le coup, générant même des difficultés dans leur propre situation interne face à toute une partie de leur population.

Les États-Unis n’ont pas atteint certains objectifs planifiés et ont dû rentrer de nouveau en Irak et en Afghanistan. Et dans un autre tour de vis, il envisage maintenant de quitter l'Afghanistan, sa guerre la plus chère de l'histoire. Il convient de mentionner sa participation active à la destruction de la Libye, en plus d'avoir déclenché de nouvelles guerres en Syrie et en Ukraine. Il devenait de plus en plus clair que l’incidence de la prétendue faction militariste demeurait, ces derniers temps, un facteur de premier ordre dans la conception de sa stratégie impérialiste mondiale. Le bloc impérialiste, les États-Unis à sa tête, laisse apparaître des tensions , des intérêts divergeant dans son propre camp, qui poussent certains pouvoirs à faire pression en faveur de politiques différentes ou à considérer davantage leurs revendications partielles. C'est le cas de nombreuses multinationales et de leurs expressions idéologiques et politiques.

Le 11 septembre est désigné comme le moment à partir duquel la faction militariste tente de subordonner les intérêts de nombreuses multinationales à leur stratégie de guerre contre des ennemis se trouvant partout dans le monde.

Dans cette politique de l'empire, il apparaît une forme d'intervention de l'État qui reste en relation avec la nouvelle constitution systémique dans cette "étape" grossièrement néolibérale appelée contrôle social.

Ce que nous voulons souligner, même brièvement, est quelque chose que plus d'un-e analyste a affirmé. Que les priorités, l’usure de l’impérialisme dans ses petites et macabres aventures de pouvoir, la concentration que cette stratégie exigeait, initialement au Moyen-Orient et en Afrique, impliquaient dans les faits, pendant un certain temps, une certaine négligence de sa "cour". Pas un abandon de sa politique impérialiste sur la région, mais une moins grande maîtrise des événements. Il a également été envisagé avec des fondements solides que, dans la nouvelle phase à venir, la situation commencerait à changer et aller de plus en plus mal sur le territoire latino-américain. Il faut dire que l'attention des impérialistes sur la région allait considérablement augmenter. Mieux vaut garder à l'esprit qu'à cette époque, son principal ennemi, la Chine, profitait de cet espace. À ce jour, nous avons déjà plusieurs exemples du fort dévouement des impérialistes pour notre région.

Nous pensons donc que, dans le cadre de cette stratégie générale qui désigne comme son principal ennemi la Chine, puis la Russie, l’objectif principal des États-Unis d’aujourd’hui est de reprendre le contrôle de ce qu’ils considèrent comme leur "arrière-cour". C’est pour eux une tâche fondamentale qui va de pair avec l’acquisition des richesses de nos pays d’Amérique latine, du pétrole et des minéraux du Venezuela, par exemple.

Le Venezuela est un lac de pétrole, littéralement. Il détient sous son sol les plus grandes réserves de pétrole de la planète avec plus de 300 milliards de barils. C'est la première réserve de pétrole au monde. La seconde est l’Arabie saoudite, mais c’est un allié «charnel» des États-Unis. Elle n’ose donc ni l’envahir ni l’attaquer, alors même qu’elle gouverne une monarchie théocratique qui finance le terrorisme salafiste (entre autres DAESH), c’est-à-dire le pays de Moyenne-Orient détenant le niveau de répression le plus élevé à l'égard des femmes, de la presse, etc... Là-bas, les États-Unis ne réclament pas de "démocratie et de conditions humanitaires". La famille Saud - maintenant avec Bin Salmán - est un allié fidèle de la puissance "démocratique" de la planète, très utile à sa stratégie globale dans le monde.

Pour des raisons liées à cette stratégie globale pour le pouvoir, qui couvre différents contextes, le Venezuela et l’Iran, entre autres pays, figurent sur la liste des "ennemis" des États-Unis. Cela vise à prendre le contrôle de ces différentes régions du monde par tous les moyens. L’impérialisme États-uniens l’a déjà fait en Libye, main dans la main avec la "démocrate" Hillary Clinton et a essayé de le faire en Syrie. Les États-Unis ne lésinent pas sur la décimation des populations, transformant certains pays en la misère la plus absolue, les transformant en "États en faillite", comme ils l'ont fait en Libye ou en Irak.

Les pays qu’elle considère comme préjudiciables à sa stratégie, qui s’allient à ses ennemis, Chinois et Russes, qui prêchent des idées et qui constituent des organismes se heurtant à leur projet, doivent être détruits. Le Brésil dans le BRIC3 (qui comprend la Chine et la Russie) n’était pas à son goût. Ce gouvernement, qui entretient de si bonnes relations avec ceux d’en haut, ne lui a pas non plus servi. Iels ont également vu comme un danger un gouvernement tel que le Venezuela, qui parlait de socialisme, d'anti-impérialisme qui promouvait de nouvelles institutions: ALBA, CELAC, UNASUR, Petrocaribe et qui promouvait la résistance à la signature des Traités de Libre Échanges. Tout simplement par ce que représente ce degré d’autonomie, il devait, de par ses intérêts politiques, économiques et sociaux, le détruire de quelque manière que ce soit.

Bien que le noyau dur du système n'ait pas été touché, rien qui ne ressemblait à du socialisme n'a jamais été mis en œuvre et bien que cela ait été mentionné constamment, cela importait peu, le simple risque de penser aux effets que cela pouvait causer était suffisant. Dans sa logique c’était un ennemi qui devait être détruit rien de plus.

Dans cette action contre le Venezuela ce sont les Etats-Unis qui agissent aujourd’hui avec plus de zèle. Le fait est que la résurgence des sanctions économiques contre le Venezuela ces dernières semaines est centré sur les actions dans Citgo, la société pétrolière vénézuélienne aux États-Unis, filiale de PDVSA4. Pour ces sanctions, les États-Unis bloquent 7 milliards de dollars et 11 milliards de dollars d’exportations de pétrole pour cette année 2019. Cela représente environ un tiers du PIB de l’Uruguay, pour se donner une idée. Citgo possède également trois raffineries, 48 terminaux de stockage et 6 000 stations-service aux États-Unis, un capital non négligeable, mais où le carburant est vendu et distribué à un coût inférieur à celui des sociétés pétrolières nord-américaines commandées par les sociétés Rockefeller, Bush, etc. Citgo est également submergé par des problèmes de crédit au niveau international. Les politiques impérialistes relient et couvre ce vol flagrant en accusant la politique interne actuelle du Venezuela. Disant que cet argent serait acheminé au président autoproclamé Guaidó. Tout ça en se défendant de soit-disant agir contre la "crise humanitaire" et l'absence de droits légitimes dont souffre le peuple. Ce cynisme est déjà ridicule. Que les impérialistes, ces énormes meurtriers de peuples, producteurs de misère et de migration meurtrières de nombreuses populations et de négation des droits légitimes s’en sorte avec ce genre d’explication c’en est trop!

C'est précisément grâce au pétrole, et au prix du baril à la hausse à cette époque, que le régime de Chavez a pu financer des politiques sociales ("les Missions") et une certaine redistribution au cours des années de Chavez; en contrepartie de ce pétrole ayant une haute valeur sur le marché mondial, le Venezuela a renforcé sa dépendance économique et ne s'est pas industrialisé. Mais cela a permis une politique internationale de soutien aux pays d'Amérique latine, créant Petrocaribe. Cuba et plusieurs petites îles des Antilles ont bénéficié de cette politique de pétrole bon marché et de relations diplomatiques plus étroites. C’est cette même politique et cette même alliance qui ont rendu possible la défaite des États-Unis et du Groupe de Lima à l’OEA ces derniers jours. Mais c’est cette politique qui a également incité les États-Unis à soutenir et appuyer le coup d’État contre le gouvernement Zelaya au Honduras, parce qu’il s’approchait tièdement de la politique étrangère du Venezuela. Les États-Unis ne pouvaient permettre à l'un de leurs "pions" de quitter le conseil. Le Honduras était la base militaire dans la lutte "contre l’insurrection" nicaraguayenne dans les années 1980 et de toutes les luttes contre les soulèvements à cette époque. Le coup d’État contre la "révolution guatémaltèque" d'Arbenz en 1954 a également débuté là-bas.

Ajoutons en passant que les USA ont également motivé la politique menée par l'Arabie saoudite consistant à baisser les prix internationaux du pétrole pour empêcher de grandir les possibilités du Venezuela et de l'Iran, ainsi que leurs politiques étrangères respectives.

Une longue histoire d'agressions

Avec les médias de communication les États-Unis on tout ce qu’il leurs est nécessaire pour former une opinion et créer une subjectivité contre le Venezuela, se présentant comme les défenseurs de certaines valeurs qu’ils ont toujours voulu écraser, y compris celles de sa propre démocratie bourgeoise qu’ils n’ont jamais hésité a déplacer quand cela ne leur convenaient pas et qu’ils ne prennent pas en compte aujourd’hui. Il convient de rappeler certaines choses qui se sont déroulées à différentes époques et qui sont représentatives de ce qu’est le véritable visage de l’impérialisme.

Notre Amérique latine est l’un des territoires qui a subi les agressions les plus sanglantes de l'impérialisme nord américain, et nos peuples ont souffert et ont subi les conséquences de telles agressions. Ces antécédents criminels sont longs, mais mentionnons quelques-uns des plus notoires. Invasion au Mexique en 1845 et déclaration de guerre. Résultat: le Mexique perd la moitié de son territoire, qui est actuellement la zone pétrolière des États-Unis.

Cuba et Porto Rico en 1898. Grâce à "l'amendement Platt" (amendement ajouté par les États-Unis dans la Constitution cubaine), l'île est devenue une colonie américaine. Les intérêts des sociétés sucrières, des banques et le jeu des Yankees, ainsi que de la prostitution y prévalaient. À l'époque, la révolution cubaine a mis fin aux négociations et à la relation coloniale. Cependant, Porto Rico reste sous le contrôle total de l'aigle nord-américain.

Mais dans ces divers cas, comme au Nicaragua (déjà envahi en 1855), les États-Unis appliquent le même schéma: soutien aux gouvernements "fantoches", fraude électorale constante et coups d'État. Si nécessaire, débarquement des Marines. Invasion. Augusto César Sandino s'est battu avec dignité au Nicaragua aux côtés de sa guérilla populaire.

En 1914, invasion d'Haïti, pillage du pays. Auparavant, en 1903, les États-Unis s'arrogeaient le droit d'inventer un pays: le Panama. Finançant et soutenant un "mouvement indépendantiste" dans cette région qui faisait partit de la Colombie. C'est-à-dire qu'ils ont enlevé une partie de la Colombie pour y construire le célèbre canal interocéanique, qui était le territoire des États-Unis, gardé par ses marines. C'est pourquoi Omar Torrijos, qui a négocié avec les États-Unis le retour du canal aux mains des Panaméen-ne-s, a été assassiné lors d'un attentat en 1981.

Plus proche géographiquement, le soutien direct de la CIA et de l'ambassade américaine au coup d'État de Pinochet au Chili en 1973, est très bien documenté. De la même manière, sa participation active au plan Condor qui a assassiné et fait disparaître des dizaines de milliers de camarades du Cône Sud. Le soutien nord-américain à d'innombrables coups d'État en Argentine, au Brésil, en Bolivie et au Paraguay de Stroessner, soutien aussi au coup d'État de 1973 en Uruguay. L'invasion à Grenade en 1983.

L'invasion des Marines au Panama à nouveau en 1989, pour "libérer" ce pays de Noriega, un dictateur cruel. Bien sûr, ce que les Américains ne voulaient pas admettre, c’était que Noriega était "leur homme" au Panama. Il a travaillé pour la CIA et la DEA, mais il a eu l'idée de passer par dessus les yankees dans le contrôle du trafic de cocaïne de la Colombie via le Panama aux États-Unis. Ils n'allaient pas pardonner ce "péché" et le gouvernement américain a discipliné le peuple panaméen. Ils ont rasé le pays et laissé 3 000 personnes assassinées.

Les exemples abondent. Des milliers de crimes. Les rubans rouges de son drapeau sont du sang, celui des peuples assassinées pour leurs petits intérêts. Pour les intérêts d'une bourgeoisie qui se croit propriétaire du monde.

En outre, le plan d'agression contre le Venezuela à ses débuts comportait des éléments de ce qui avait été utilisé au Chili en 1973. Au cours de cette dernière étape, ils ont ajusté les "détails" pertinents, continuant à utiliser différentes formes de pression, certaines grotesque même pour les valeurs bourgeoises. mais en plus maintenant ils menacent sans vergogne d'envahir le pays sans tabous majeurs.

La scène internationale

La scène internationale joue beaucoup dans la crise vénézuélienne. Avant d'assumer son nouveau mandat, Maduro s'est rendu en Russie pour rencontrer Poutine afin de lui garantir son soutien dans tous les domaines. Le rôle de la Chine est également important. La Russie et la Chine sont d’importants investisseurs au Venezuela et en Amérique latine en général. Cela fait, comme nous l'avons mentionné précédemment, que cette région entre dans le tableau des disputes mondiales inter-impérialistes.

Mais il y a une part de vérité dans le fait que "l'unipolarité" de l'après-guerre froide a pris fin. Les États-Unis ne peuvent imposer pleinement leur volonté au monde sans plus de cérémonie, même s'ils conservent un pouvoir militaire écrasant. Dans cette période, le dernier était la Libye. En Syrie, ils ont déjà ressenti le frein de la Russie dans le domaine diplomatique, mais également dans le domaine militaire et dans les alliances très habiles déployées par le gouvernement russe, et de la Chine dans le domaine diplomatique. Au Venezuela, la même chose se produit, sauf que c'est dans la "zone d'influence" directe des États-Unis, en plus avec cette énorme quantité de pétrole à proximité. Par conséquent, il exprime clairement qu'il n'est pas disposé à le tolérer.

Nous avons dit que les États-Unis avaient perdu le vote à l'OEA grâce à une politique vénézuélienne à long terme. Combien de temps durera ce soutien des petites Antilles? Les États-Unis vont-ils fabriquer une autre forme de coup d’État dans l'un de ces petits pays?

Il y a quelque chose qui se démarque et que nous voulons mentionner: le rôle de l'Uruguayen Almagro a été répugnant. Un rejeton de progressisme, du rein de Mujica, c’est lui-même qui le mis en lumière dans l'arène internationale et placé dans le Secrétariat général de l'OEA. Ou Almagro a deux visages, ou il sert celui qui lui donne "le travail" ou nous sommes en face d’une infiltration du plus haut niveau, digne des meilleurs romans-espions. Les services secrets vénézuélien et cubain ont indiqué qu'ils soupçonnaient depuis l’époque du gouvernement Mujica qu'Almagro travaillait pour la CIA. Nous ne savons pas si c'était le cas. La vérité est qu'il le fait maintenant et le fait directement pour Trump. Apparemment, s’il ne l’avait pas fait auparavant, c’est parce qu’il n’avait pas eu la chance de le faire, c’est une figure abominable, dégoûtante et terrifiante de ce conflit.

Et c’est dans le scénario international que se joue une bonne partie de ce conflit, car les États-Unis ne peuvent permettre à un pays de sa "zone d’influence" de favoriser une politique étrangère indépendante et qui en plus a essayé d’ordonner d’une autre manière que celles qu’ils ont décidé, leur "cour".

Des temps très complexes vont venir

Alors que les États-Unis avec Almagro à la tête de l'OEA, et le Groupe de Lima parlent d'une invasion du Venezuela, ils ne disent rien contre d'autres régimes qui n'ont certainement rien de démocratiques et ce n'est pas un hasard. Ils ne disent rien du gouvernement hondurien, élu par fraude électorale avérée, après le coup d'État qui a destitué Zelaya en 2009 et réorganisé la situation interne, avec une répression féroce entraînant des personnes disparues et des morts. Ce peuple qui émigre aujourd'hui désespérément.

Ils ne disent rien du coup d’État « institutionnel » de Temer ni de la montée proto-fasciste de Bolsonaro, puisque bien sûr, c'est encore une fois de leur propre fait et stratégie. Une création nord américaine adapté pour cette époque. L'un des éléments nécessaires pour déclencher cette nouvelle vague de coup d'État et d'interventionnisme au Venezuela a été l'appui nécessaire du gouvernement brésilien et, bien entendu, d'un gouvernement "fort". Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Jim Mattis, était fin 2018 au Brésil dans le but d’y contenir l'influence chinoise. La même chose peut être dite de la Colombie. Avec les FARC déjà engagés dans le jeu électoral bourgeois, les États-Unis peuvent utiliser l'armée colombienne et les paramilitaires pour leur plaisir. En cette période de "paix", ils ont assassiné des centaines de militant-e-s sociaux et certains ex-guérillerxs. Dans ce cas, le rôle de l'ELN (Armée de libération nationale) « camilista -guevarista » devient pertinent, car voyant comment se dessinait réellement le processus , bien qu'il soit intervenu dans les conversations, n'a finalement pas accepté ce programme de "paix". Iels n’ont finalement pas abandonné les armes, repris les opérations militaires, ne se sont pas rendu et tente de résister dans le cadre de leur conception spécifique, renforçant leur présence à la frontière colombo-vénézuélienne. En fin de compte, un conflit régional risque de se préparer si le Brésil et la Colombie interviennent et que l'ELN est prise dans le piège.

Pour le moment, les États-Unis ne lésinent pas sur le fait de plonger le Venezuela dans le chaos afin de reprendre le contrôle de ce gouvernement et de son pétrole. Il est essentiel d'éliminer ce petit pôle qui, même au sein du capitalisme, est présenté comme antagoniste, éliminant du même temps l'appui de la Russie, de l’Iran et de la Chine. Ils ne s'intéressent pas aux conséquences que pourrait subir le peuple vénézuélien. Ils ne veulent le mentionner que dans le but de l'utiliser dans ses plans macabres.

Mais toute cette intervention impérialiste affichée nous place nous, les peuples latino-américains, devant un scénario de lutte accrue et déterminée. Au vue d’une intervention comme celle qui a été donnée, agressive et flagrante de la part des États-Unis sur le continent, la réponse populaire doit augmenter: mobilisations massives dans la rue, rejet populaire généralisé. Coordination des actions des mouvements sociaux anti-impérialistes véritables et indépendants. Répondre à l'indignation brutale et manifeste de l'impérialisme et de ses alliés, du capitalisme néolibéral, avec l'avancée populaire de ceux qui se trouvent en bas, dans un processus de formation d'un peuple fort.

Sans compter que, si une intervention militaire directe était exercée, l’essentiel est d’avoir un peuple fort dans la rue et de dénoncer et combattre avec force l’acte meurtrier. Si cette intervention directe que veulent tellement les États-Unis et Trump était donnée, et qu’ils n’ont pas pût matérialiser mais continuent d'explorer d'autres voies qui peuvent y mener, en vertu de calculs sur les effets politiques et sociaux qu’ils peuvent engendrer à plus ou moins long termes. Aujourd'hui, ils tentent le maximum pour amener tous les gens qu'ils peuvent dans la rue, pour déstabiliser et tenter de capturer une partie des forces armées, de ne laisser aucune issue et de mettre leurs candidats au service du gouvernement.

Oui, c’est cela le nouveau capitalisme dont iels nous parlent. Les spécialistes nous avertissent que nous sommes dans une phase du capitalisme dont la composition a subi des modifications par rapport aux périodes historiques du passé. Mais les nouveaux éléments qui composent sa structure actuelle restent fidèles au noyau dur du système. L'étape appelée très généreusement de "l'Etat providence" a été laissée derrière ainsi que certaines fonctions de confinement que cet Etat a également remplies. De même, presque sans poids, le fantasme de démocratie inventé par la bourgeoisie pour affirmer son pouvoir. Ce qu’ont nous sert comme nouveau, c’est un capitalisme néolibéral brut et dur.

Ce qui ne fait pas de doute, c’est que l’intrigue la plus aboutie, les dispositifs les plus efficaces tissés par le système capitaliste au cours du siècle dernier ne contredisent pas les prémices fondamentales de ce que l’on sait de manière historique sur le système. Les mécanismes, dispositifs et institutions qui polissaient ou produisaient le capitalisme pour son maintien et sa reproduction, remplissent les fonctions qui ont été indiquées pour d'autres moments historiques. Ce qui est nouveau dans le capitalisme, c’est son ADN reformulé, mieux adapté et tenant compte des expériences vécues et des évolutions technologiques. Mais l'exploitation et l'oppression brutes sont là et plus fortes que jamais.

Le visage d’aujourd’hui est plus brut, brutal et doté de moyens technologiques plus efficaces pour tenter d’intégrer les populations, de faire ressentir comme nécessaire une consommation superflue variée, de détruire plus sauvagement la nature et de produire de vastes populations sur-habités. Il est plus clair que jamais qu’il n’y a aucune possibilité de processus de rupture, pas même de réformes fortes, en utilisant les moyens offerts par le système, sa logique, son "sens commun", ses dispositifs, ses mécanismes électoraux et ses propres institutions.

Il est évident que cette "phase" du capitalisme n’est pas identique à la précédente. Ses problèmes spécifiques constituent un défi pour une opposition qui tente de traiter un changement profond. Accepter ce défi et formuler des réponses sociales est notre raison d'être. En produisant, et avec la volonté de corriger, des lignes de travail théorico-politique, nous devons être dans l’action sociale permanente. Il n'est jamais question d'attendre des moments plus "favorables", il faut en toutes circonstances une stratégie et des tactiques cohérentes. Dans certains moments moins intenses, organiser des événements prévisibles à venir et ajuster l’organisation interne dans ses différents plans, dans d’autres moments plus intenses, exécuter des actions, appliquer des prévisions et lire les événements pour que les réponses soient plus fertiles.

La dynamique indiquée le dit, dans ce monde capitaliste, le pouvoir qui vient d’en haut n’est pas populaire. Si les peuples n'exercent pas leur pouvoir, mais développent une participation active dans un processus orienté vers cela, avec les pratiques qui peuvent le rendre possible, propres, créateurs d'une nouvelle subjectivité, indépendants de la logique et de la dynamique du système, il n'y a pas de progrès possible vers de nouveaux rapports sociaux. Le pouvoir populaire est créé chaque jour et s'exerce dans les différentes luttes sociales et populaires existantes.

L’Amérique latine se trouve à un moment où la droite, liée à l’impérialisme yankee et à ses multinationales avance à grands pas. Il appartient aux peuples de résister, de renforcer les organisations populaires qui permettent de faire face à toute agression et tentative de déstabilisation et d’accroissement de la misère de ceux qui se trouvent en bas. Dans cette tâche de combat, créez en même temps un peuple fort et indépendant qui contient les germes d'un authentique pouvoir populaire.

Les peuples trouveront leur propre voie et le peuple vénézuélien assiégé aujourd’hui, et tous ceux qui se trouvent en bas, ont donné différents exemples de combativité, d’apprentissage social par leur sacrifice et leurs luttes, possédant des désirs qui ne sont pas morts.

Il est clair que la seule chose qui convienne à tous les enfants de ce pays est la condamnation unanime et absolue de toute ingérence, de toute intervention économique, diplomatique ou militaire sur notre continent. En raison de son histoire et de ce que représentent les États-Unis, ils ne pourront jamais être accueillis, s’ils viennent, c’est pour affamer ou massacrer le peuple vénézuélien. Augmenter l'oppression et la misère de notre peuple, ceux d'en bas, en Amérique latine. Et comme toujours, demain ce sera avec un autre de nos peuples si nous considérons que nos intérêts ne sont qu’un minimum affectés. Il est essentiel que la résistance soit présente dans tous les domaines, renforçant ainsi la lutte et les organisations populaires.


En Amérique Latine ni yankee ni infiltration !
Pouvoir Populaire par celleux d’en bas.
POUR LA LIBERTÉ D’AUTODERMINATION DES PEUPLES !
DEHORS ASSASSINS YANKEES DE L’AMÉRIQUE LATINE !
POUR LE SOCIALISME ET POUR LA LIBERTÉ !
ARRIBA LXS QUE LUCHAN !

FÉDÉRATION ANARCHISTE URUGUAYENNE ( fAu )
COORDINATION ANARCHISTE BRÉSILIENNE ( CAB )

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