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Québec : Déclaration commune pour une communauté inclusive et antiraciste au Saguenay

category amérique du nord / mexique | migration / racisme | communiqué de presse author Thursday September 19, 2013 12:35author by Collectif Emma Goldman - Union Communiste Libertaire Report this post to the editors

Horreur et stupeur sont des mots bien insuffisants pour exprimer notre dégoût face au crime haineux perpétré samedi après-midi à l’endroit de la Mosquée de Chicoutimi. Nous qui militons au quotidien pour abattre ces frontières formées de préjugés, de violence, d’oppression, de privilège et d’ignorance, sommes attristé-e-s par cette nouvelle manifestation d’un système d’oppression – le racisme – bien présent chez nous. Alors que nous voyons dans cet acte la continuité d’une campagne de propagande haineuse d’un groupuscule raciste de la région, nous nous insurgeons également contre des formes de racisme beaucoup plus répandues et banalisées dans notre milieu. À l’ombre des bêtes idées-marketing de « ville accueillante » (sans action) et des vaines quêtes du journalisme policier de nos grands médias, nous émettons cette déclaration à partager : du courage naît l’espoir, l’espoir de vaincre et terrasser toutes les formes d’oppression. C’est un appel à l’action. [Engilsh]
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Communiqué de presse


SAGUENAY, 18 septembre 2013 / Plus de 100 personnes et organisations ont dernièrement appuyé la « Déclaration commune pour une communauté inclusive et antiraciste au Saguenay » du Collectif anarchiste Emma Goldman (UCL-Saguenay). Rappelons que du sang de porc a été lancé sur la mosquée de Chicoutimi, accompagné de messages menaçants ; un crime raciste et haineux. La déclaration a déjà été traduite en anglais pour être diffusée encore plus largement.

Au-delà des discours complaisants de « région accueillante », nous dénonçons le racisme systémique banalisé et bien présent à divers niveaux au Saguenay Lac Saint-Jean. De plus, il serait grave d’ignorer la présence d’un groupuscule néonazie dans la région qui distribue de la propagande xénophobe nourrie de préjugés haineux envers les immigrants et immigrantes et qui a tenté de commettre d’autres coups d’éclat par le passé. Ce groupuscule alimente ainsi un état d’insécurité chez les personnes racialisées. La question identitaire représente à notre avis une fausse question devant les problèmes structurels évidents de notre société. Tout en créant des boucs-émissaires, celle-ci divise ceux et celles qui devraient s’unir (les classes sociales exploitées par ce système) et unie ceux et celles qui ne le devraient pas.

Enfin, c’est aussi tout un système d’oppression, le racisme, qu’il faut abolir. En ce sens, cette déclaration n’est en rien une pétition! Il s’agit d’un appel à l’action, à la solidarité antiraciste et contre toutes les formes d’oppression. Encouragé-e-s par ces appuis, nous poursuivrons la lutte. Puisqu’une communauté inclusive et antiraciste ça ne se décrète pas, tissons davantage de liens et transformons nos quartiers et villages!

5 bougies bientôt déjà !

Le Collectif anarchiste Emma Goldman est une organisation politique active dans la région du Saguenay-Lac Saint-Jean depuis 2008. Nous militons pour des mouvements sociaux combatifs et l’émergence d’une gauche libertaire large et ouverte. Nous sommes affilié-e-s à l’Union Communiste Libertaire et distribuons le journal Cause Commune et le bulletin régional Le Pic-Bois. Identifié-e-s au courant historique et international du communisme libertaire, nous participons au développement théorique et à l’implantation de ces idées et pratiques.

Collectif anarchiste Emma Goldman (UCL-Saguenay)

Texte de la Déclaration commune pour une communauté inclusive et antiraciste au Saguenay


Horreur et stupeur sont des mots bien insuffisants pour exprimer notre dégoût face au crime haineux perpétré samedi après-midi à l’endroit de la Mosquée de Chicoutimi. Nous qui militons au quotidien pour abattre ces frontières formées de préjugés, de violence, d’oppression, de privilège et d’ignorance, sommes attristé-e-s par cette nouvelle manifestation d’un système d’oppression – le racisme – bien présent chez nous. Alors que nous voyons dans cet acte la continuité d’une campagne de propagande haineuse d’un groupuscule raciste de la région, nous nous insurgeons également contre des formes de racisme beaucoup plus répandues et banalisées dans notre milieu. À l’ombre des bêtes idées-marketing de « ville accueillante » (sans action) et des vaines quêtes du journalisme policier de nos grands médias, nous émettons cette déclaration à partager : du courage naît l’espoir, l’espoir de vaincre et terrasser toutes les formes d’oppression. C’est un appel à l’action.

Un acte isolé ?

Avec pour souci premier de ne pas ternir l’image de la ville, et même du Québec, nous avons déjà largement entendu que le crime haineux qui s’est produit la fin de semaine dernière serait un acte isolé. D’autres commentateurs, comme Richard Martineau, préfèrent dans ces circonstances, se faire défenseurs du Québec contre les accusations de province raciste à partir de statistiques douteuses sur les crimes haineux. Dans notre perspective, le racisme est un système d’oppression et d’exploitation international. Les mécanismes de ce système visent à assigner une place sociale à un groupe, sur la base de critères essentialisant, de sorte que se construisent des sous-groupes dans la population (des groupes de « race »), positionnés dans un rapport hiérarchique [1]. Au Québec, nous pouvons parler d’une construction sociale qui se fonde sur la majorité blanche et francophone « dominante » par rapport aux « minorités » ethnoculturelles (spécialement celles associées aux pays du Tiers-Monde) et aux communautés autochtones « dominées ».

Le Saguenay-Lac Saint-Jean est souvent présenté comme une région accueillante. Il est incontournable de relever que les préjugés envers les Premières Nations demeurent bien ancrés dans la population et continuent d’être véhiculés dans les médias. Guère meilleur dans sa croisade acharnée pour l’imposition d’une prière évoquant dieu à l’hôtel de ville, le maire Jean Tremblay affirmait l’an passé : « ce qui me choque, c'est de voir que nous, les mous canadiens-français, on va se faire dicter comment se comporter [...] par une personne qui arrive d'Algérie et qu’on est même pas capable de prononcer son nom ». Ces préjugés cultivent les sentiments de différence, de méfiance et banalisent le racisme au quotidien. Ils alimentent également de mauvaises images des autres telles que celles, par exemple, voulant que les arabes soient violents, que les autochtones soient paresseux et que les personnes ayant d’autres appartenances ethnoculturelles ne soient pas dignes de confiance. Les débats récurrents, autour de la Charte des « valeurs québécoises », dans l’actualité sont forts représentatifs de la résistance à opérer des transformations dans nos pratiques d’inclusion. Et cela n’est pas sans rappeler à quel point la fameuse crise des accommodements raisonnables, qui a débouché sur la Commission Bouchard-Taylor en 2007, était devenue un sujet brûlant soulevant de nombreuses inquiétudes quant à la survie de l’identité québécoise.

Présent dans toute la société, le racisme n’a pas d’âge et revêt de multiples formes (violence verbale, psychologique, physique, économique, etc.). À l'automne 2010, un couple âgé de près de 50 ans a tiré avec une arme de chasse sur deux femmes à la sortie du bar L’NRJ à Chicoutimi après s’être fait sortir pour leurs propos et actes racistes. En bref, le 25 septembre, le couple s’était rendu dans une soirée africaine à laquelle il n’était pas invité et avait lancé des insultes racistes aux personnes présentes et fait du grabuge dans le bar. Le couple avait ensuite été expulsé et le mari avait promis de se venger.

Qui n’a pas entendu des individus, proches, voisins ou collègues de travail, qui défendent (à la blague ou non, l’effet est le même) l’exclusion des personnes jugées non-québécoises de la vie publique et des droits civils et parfois même leur expulsion du territoire national? Qui n'a pas entendu les discours racistes insinuant que les membres des minorités visibles qui ne « s'intègrent » pas n'auraient pas leur place au Québec?

Un groupuscule raciste haineux

Au-delà de ces formes de racisme omniprésentes dans notre société et auxquelles nous n’accordons pas suffisamment d’attention, il est hautement préoccupant de constater qu’il y a des personnes, dont une cellule de l’organisation Fédération des québécois de souche, qui propagent des idées haineuses proches du nazisme et du fascisme dans quelques secteurs de la région. L’idée centrale diffusée par ces personnes est la suivante : la certitude que leur nation ou « race » est naturellement supérieure aux autres. En ce sens, elles prônent une « purification » raciale qui peut les porter jusqu’à défendre l’expulsion et l’élimination des personnes associées à des groupes ethnoculturels différents du leur. Elles accusent les personnes qui n’appartiennent pas à la majorité blanche et francophone d’être responsables d’une situation de « dégradation » de la culture québécoise. Bien sûr, prétendre qu’il n’y a qu’une « culture québécoise » relève de la construction d’un mythe excluant de facto les nombreux apports des personnes dont veulent se différencier ces individus.

Dans la région, un groupuscule identifiable a diffusé des milliers de prospectus de propagande haineuse dans les boîtes aux lettres et ses militants ont été responsables de nombreux actes d'intimidation et de menaces de mort à Chicoutimi depuis 2011. C’est la Fédération des québécois de souche qui se vante de ces actions. Sous un couvert de protection de l'identité nationale, les membres de ce groupuscule tissent des liens avec la frange radicale de l'extrême-droite québécoise qui s'associe sans peine avec des symboles néo-nazis et le salut hitlérien. Nous ne pouvons que condamner la complaisance et le manque de professionnalisme avec lesquels les médias régionaux ont offert une tribune à ce groupuscule dans les dernières années. En décembre 2012, ce dernier a profité d'une tribune exceptionnelle : trois pages couleurs, dont la couverture, dans les journaux Le Point du Lac St-Jean et Le Réveil - une couverture gratuite (sans événement) avec pour unique et incontesté point de vue le discours d'un individu (anonyme) du groupe, le tout illustré de ses « réalisations ». Enfin, ce groupe compte également à son actif le déroulement d’une bannière xénophobe sur le toit de l’Hôtel Chicoutimi durant le Festival des Rythmes du Monde de 2012 et le piratage avec messages haineux du site web de l’organisation Portes ouvertes sur le lac ne lui est probablement pas étranger. Ce serait une grave erreur de banaliser ou de minimiser de tels gestes. Il faut réaliser qu’ils constituent un autre facteur d’insécurité, et potentiellement d’exclusion sociale, pour les autochtones, les personnes issues de l’immigration et tout autre individu racialisé. Nous devons dénoncer l’existence de ce groupe et mettre en échec ses activités.

Pour conclure

Il est indéniable que le racisme est présent au Saguenay-Lac-Saint-Jean et le maire Jean Tremblay a tort d’insinuer que ce serait un acte isolé qui « ne doit pas venir d’un groupe, mais probablement plus d’une personne à l’esprit dérangé [2] ». Non, nous affirmons qu’il est bête et inutile de médicaliser les personnes racistes. Ce système d’oppression recouvre diverses formes et s’exprime parfois de manière diffuse, mais il fait toujours des ravages dans la vie des personnes qui en sont victimes. Les oppressions et les privilèges sont ancré-e-s dans les normes, la culture, les lois et les institutions de notre société. Cela permet aux groupes sociaux privilégiés d’utiliser leur « pouvoir-sur » (rapport de domination) afin de renforcer leur situation de domination, et conséquemment la hiérarchie des différences. S’engager dans la lutte contre le racisme c’est d’abord reconnaître son existence et poser des actions concrètes pour dénoncer au quotidien les comportements et paroles racistes dont nous sommes témoins. Bien sûr, cette lutte peut être vaine si l’on refuse de s’attaquer aux groupuscules propagandistes de la haine raciale. Nous connaissons si peu les communautés musulmanes et autochtones de notre région, il serait bien temps de créer des occasions permettant d’ouvrir des dialogues afin de se comprendre et de faire tomber tous les préjugés.

Du courage naît l’espoir, l’espoir de vaincre et terrasser toutes les formes d’oppression.

Collectif Emma Goldman

Appuyée par plus d'une centaine d'individu-e-s et de groupes.


[1] Christine Delphy, 2008. « Classer, dominer qui sont les "autres"? », p. 197.
[2] Le Quotidien, 3 septembre 2013, p. 3.

Related Link: http://ucl-saguenay.blogspot.ca/
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