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Intersectionnalité: Sexe, race et classe tenaient congrès

category international | genre | opinion / analyse author Tuesday November 27, 2012 02:52author by Irene - Alternative Libertaire Orléans Report this post to the editors

Du 29 août au 2 septembre a eu lieu, à Lausanne, le 6éme congrès d’études féministes. Celui-ci était consacré à l’imbrication des rapports de pouvoir : sexe, race, classe et sexualités. Le choix de cette thématique est le reflet du dynamisme de ce type d’approches issues des milieux féministes.

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Dans les années 1970, aux Etats-Unis, des militantes noires américaines lesbiennes sont confrontées aux difficultés concrètes en particulier en termes de priorités de lutte que posent pour elles le fait de militer avec les féministes blanches ou avec les militants noir des blacks panthers. Les féministes blanches sont peu sensibles aux spécificités des oppressions que subissent les femmes noires. Les femmes héterosexuelles ont honte des lesbiennes dans leurs rangs, essaient d’invisibiliser leur présence et ne prennent pas en compte les revendications de ces dernières. Du côté des organisations de politiques noires, les militantes afro-américaines sont confrontées au machisme. Un collectif de lesbiennes noires, le Combahee river (1964-1980), soulève ces questions et affirme la nécessité de penser l’imbrication des oppressions sexistes, racistes et classistes sans les hiérarchiser. L’approche en termes d’imbrication constitue donc une dimension constitutif du Black feminism.

Du Black feminism à l’intersectionnalité

En 1991, une juriste et universitaire américaine, Kimberlé Crenshaw, forge le terme d’intersectionnalité. Cette notion s’oppose aux approches additionnelles des oppressions. L’enjeu de l’approche mise en avant par Kimberlé Crenshaw est avant tout juridique : elle vise à justifier la mise en place d’aides spécifiques à des catégories sociales opprimées. De fait, dans le cadre des sociétés étasuniennes et canadiennes, l’approche intersectionnelle est devenue une dimension importante des politiques publiques d’affirmative action à destination des minorités discriminées. De fait, certaines dénoncent qu’à travers la notion d’intersectionnalité, s’effectue une institutionnalisation de problématiques que le Black feminism avait abordé sous un angle plus clairement militant.

La notion d’intersectionnalité connait depuis un succès théorique international donnant lieu à de multiples recherches. Néanmoins, cette notion est également l’objet d’un certain nombre de débats théoriques. Elle semble en effet se rattacher à une approche postmoderne des rapports de domination. Tout d’abord, elle parait conduire à un émiettement des sujets politiques.

Articulation des rapports sociaux

Chaque situation sociale constitue une expérience vécue incommensurable avec celle d’autres groupes sociaux. Par exemple, les femmes noires ne peuvent s’allier que de manière problèmatique avec les femmes blanches puisque leur situation d’oppression n’est pas la même. En outre, bien que la spécificité de l’oppression intersectionnelle de chaque groupe soit construite par sa situation sociale, la reconnaissance de cette spécificité devient un enjeu majeur. Par conséquent, la finalité de la lutte semble se situer au niveau d’une reconnaissance morale qui risque de conduire à une réification, à une naturalisation apparente, des identités. Ainsi, la notion de « classe sociale » peut apparaître dans le contexte des théorisations nord américaines, qui mettent en avant les effets de domination par le langage, davantage comme une catégorie linguistique que comme une situation matérielle objective.

Parallèlement et de manière indépendante, s’est développée en France une autre approche à partir du travail de la sociologue Danièle Kergoat. Cette dernière a situé sa théorisation dans la filiation du marxisme et du féminisme matérialiste. Elle ne part pas des dimensions culturelles de l’oppression, mais de la division du travail. L’analyse se centre alors sur les rapports sociaux qui à partir d’une exploitation économique du travail construisent deux groupes sociaux comme hiérarchisés. Les rapports sociaux qui ont une dimension d’oppression, sous la forme de violences, et de domination politique, ont donc une base économique matérielle. Néanmoins, ces rapports sociaux ne sont pas uniquement capitalistes, mais également par exemple des rapports sociaux de sexe qui divisent la société en deux classes de sexe. Ces différents rapports sociaux ne sont pas hierarchisés entre eux mais se coconstruisent. Ils sont consubstantiels les uns aux autres. Par l’exemple dans l’exploitation que subit une femme de ménage immigrés, les rapports de classe, de sexe et de race sont mêlés de manière inextricable. Les rapports sociaux sont en outre coextensifs. Cela se traduit par exemple dans la place que les femmes occupent dans les rapports sociaux domestiques. Ainsi le fait qu’elles s’occupent des enfants plus que les hommes, a des conséquences sur les inégalités salariales que subissent les femmes. Une femme qui prend un temps partiel pour s’occuper des enfants a un déroulement de carrière ralentis par rapport à un homme dont la disponibilité au travail repose sur l’implication de son épouse dans les tâches domestiques.

Pluralité des oppressions

Une question se pose néanmoins concernant les différents rapports de pouvoir imbriqués : quels sont-ils et sont-ils illimités ? Ainsi certaines analyses ajoutent au triptyque sexe, race et classe, la sexualité, la religion ou encore l’âge. L’approche matérialiste en termes de rapports sociaux a un autre avantage théorique, c’est qu’elle permet de fixer un critère clair sans pour autant décider de manière a priori et transhistorique quels sont ces rapports de pouvoir. En effet, il n’y a de rapports sociaux que lorsqu’il y a une division du travail et une exploitation économique. Ainsi, l’héteronormativité n’est pas un rapport social, mais une dimension des rapports sociaux de sexe. Il y a un rapport d’exploitation entre hommes et femmes, mais pas entre homosexuels et héterosexuels.

Il est possible de constater que les analyses anarchistes permettent d’enrichir la théorie de la coconstruction des rapports sociaux. En effet, l’Etat n’est pas considéré par les théoriciens classiques de l’anarchisme comme une simple superstructure. Il est un véritable rapport social économique reposant sur une division du travail entre gouvernés et gouvernants avec la constitution d’une classe politique professionnelle. L’Etat possède sa propre base économique matérielle à travers à la fois les entreprises publics et le recours à l’impôt. De même, la critique de la division verticale du travail, entre par exemple travailleurs manuels et intellectuels, puis ensuite après la seconde guerre mondiale, avec la critique de la technobureaucratie, permettent aux analyses anarchistes de mettre en avant l’existence de rapports sociaux qui ne sont pas seulement liés à l’inégalité dans la propriété privée des moyens de production, mais également dans l’organisation technique du travail.

Irène (AL Orléans)


Pour aller plus loin :

Elsa Dorlin, Black feminism Revolution ! La Révolution du féminisme Noir, L’harmattan, 2007

Danièle Kergoat, Se battre disent-elles, La dispute, 2012

Related Link: http://www.alternativelibertaire.org
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