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Luttes pour le droit à la ville, histoires autour du monde

category italie / suisse | luttes dans la communauté | opinion / analyse author Monday November 05, 2012 19:31author by OSL-Vaud - 1 of Anarkismo Editorial Groupauthor email info at rebellion-osl dot ch Report this post to the editors

Ce ne sont que quelques exemples, pour mémoire. La lutte pour un toit s’y mêle inextricablement au combat pour la conquête d’un espace public plébéien, pour la transformation de la ville en un territoire émancipé où contre-pouvoir et cité insurgée se déclinent de la résistance au présent jusqu’au possible de l’élan révolutionnaire.

Les besoins et les aspirations immédiates ne se bornent pas à l’indispensable logement, à la réalisation par le combat de ce premier droit social, ils se déploient dans un projet de saisir l’espace et le territoire pour en faire un lieu de vie libéré. C’est une exigence tout aussi immédiate que le droit au logement. C’est en fait la même exigence.

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1871, Paris : Les insurgé-e-s de Paris la belle, firent de ce printemps 1871 le temps d’une des luttes urbaines les plus exemplaires : celle de la réappropriation d’une ville entière, libérant la vie et le territoire, celle aussi de l’institution d’un pouvoir populaire autonome et non-étatique. En réappropriant l’espace par lequel l’urbanisation moderne avait voulu, trop prétentieusement, leur voler, ils montrèrent au monde et à l’histoire, que le droit à la ville était la revendication sœur de l’autogestion, celle de la socialisation du territoire urbain. Le 16 mai, les communard-e-s, renversèrent la colonne Vendôme, symbole de l’empire, du militarisme et de l’asservissement des peuples ainsi que de la bourgeoisie triomphante et de ces réalisations urbaines : les grands boulevards, les halles, le redessinement autoritaire des quartiers populaires. Le peuple de Paris se vengeait alors de ceux qui avait voulu réduire la ville à un centre de consommation et de plaisirs, “ville lumière” pour celles et ceux que la plèbe romantique et instable effrayait.

1905-1921, Place de l’Ancre de Cronstadt : Ouvriers et marins de Cronstadt ont fait de la place de l’Ancre le grand lieu des émotions révolutionnaires et le cœur de cette communauté insurgée qui fera tour à tour face au Tsarisme, au gouvernement bourgeois et socialiste modéré de la révolution de février, et enfin, à la dictature bureaucratique des commissaires bolchéviques. La place de l’Ancre était le centre politique. Cet espace public, libéré, dédié à la démocratie de base et directe, rassembla 16’000 insurgé le 1er mars 1921 pour une assemblée décisive. Une résolution d’une puissante anticipation proposée par les marins du Petropavlovsk y fut votée, concrétisant la rupture avec les bolcheviks et les capitalismes d’Etat. Seul deux fonctionnaires du pouvoir bureaucratique votèrent contre. Ceux-ci furent sans doute décorés par Trotski et l’armée rouge qui fera, quelques jours plus tard, de l’ile insurgée de la “troisième révolution” un bain de sang qui rappelait la répression versaillaise.

1922, Mexico : Depuis les années 1910, le pays connait un cycle de lutte radical et révolutionnaire. Entre 1922 et 1923, plusieurs dizaines de milliers de locataires mènent des réquisitions de logement, empêchent des expulsions, et refusent de payer leur loyer. Dans la même période la ville de Veracruz a également connu une lutte radicale basée sur la grève des loyers.

1931, Barcelone: La CNT a la volonté d’élargir les luttes ouvrières par une intervention systématique sur tous les problèmes sociaux affectant le prolétariat. Dans la ville et ses faubourgs, les loyers augmentent tandis ce que les salaires stagnent. Le syndicat anarcho-syndicaliste lance une grève des loyers. Une commission de défense économique (CDE) est constituée par la CNT. Elle demande une réduction des loyers de 40 %. La mobilisation commence le 1er mai 1931, elle durera jusqu’à la fin de l’année. Malgré une répression très dure, de très nombreux propriétaires doivent négocier avec leur locataire et sont amené à réduire les loyers.

1932, Washington : Dès le mois de mai, 20’000 anciens combattants et leurs familles majoritairement sans-emplois réclament leur prime de vétéran en affluant à Washington. Ils s’installent dans les parcs, les bases militaires et occupent des immeubles. En juillet, alors que le sénat a refusé de payer la prime qui leur est due, le Président Hoover envoie l’armée. Les troupes dirigée par Mac Arthur, tirent et brûlent les camps, prennent d’assaut les immeubles occupés, et forcent l’évacuation.

4 décembre 1935, Genève : Trois groupes du syndicat du bâtiment, la FOBB, animée par l’anarcho-syndicaliste Lucien Tronchet, entreprennent de démolir un taudis particulièrement insalubre, situé rue de Cornavin. Syndicalistes et membres du comité des chômeurs/euses veulent par cette action prolonger la mobilisation contre les évacuations des logements occupés par les sans-travail et forcer le gouvernement de Léon Nicole à cesser les opérations de relogement des locataires expulsés dans des immeubles insalubres de propriété publique. La FOBB et le comité des chômeurs/euses veulent forcer la construction d’appartement décents qui donnerait du travail aux ouvriers/ères et permettrait de reloger convenablement les gens expulsés par les régies. Le mot d’ordre est : contre le chômage – pour du travail ; contre les évacuations – pour les chômeurs ; contre les régisseurs – pour les locataires. Le cœur du syndicat de combat, que constituait partout en Suisse romande la FOBB, était la LAB (ligue d’action du bâtiment), organisation d’action directe syndicale.

Mai-Juin 68 : Les grèves de juin 36 avaient été marquées par l’occupation massive des usines et des lieux de travail. Les luttes de mai et juin 68 entrainent non seulement les occupations d’entreprises et d’universités mais celles aussi de très nombreux bâtiments officiels, de lieux culturel. Les occupations symbolisent un moment intense de contre-pouvoir et offrent des bases d’appui à l’extension des luttes. Elles marqueront tout le cycle des combats sociaux qui s’étendent jusqu’à la fin des années septante.

Rome, 1969 : Les occupations spontanées commencent en été. Malgré l’intervention de la police et les évacuations, des centaines de logements appartenant au secteur public, abandonnés et libres depuis longtemps, sont occupés. Dans le quartier Celio se constitue un comité d’agitation de banlieue qui regroupe occupant-e-s et noyaux militants. En septembre, 200 nouveaux appartements sont occupé dans un quartier d’Ostie. L’ambition du mouvement est de construire l’auto-organisation. Son mot d’ordre : la réquisition des logements.

Milan, 1975 : Tandis ce que la classe ouvrière traditionnelle abandonne peu à peu les quartiers populaires du centre comme le Ticinese, de très nombreux jeunes occupent les vieilles maisons communautaires donnant naissance à de nouveaux « quartiers rouges ».

France, 1975-1980 : Une longue grève des loyers opposent les travailleurs/euses immigré-e-s du Maghreb et d’Afrique noire à la SONACOTRA organisme de logement public qui contrôle, encadre et pressure les prolétaires étrangers. Les travailleurs/euses immigré-e-s refusent les augmentations incessantes et appliquent l’auto-réduction des loyers.

Madrid, 15 mai au 12 juin 2011 : Les indigné-e-s par milliers envahissent la Puerta del Sol à Madrid et transforment la place en un espace public oppositionnel. Il s’agit d’un véritable mouvement social de rupture qui ouvre une contestation radicale du pouvoir séparé, des institutions étatiques, de la classe politique et du capitalisme. Les indigné-e-s de l’Etat espagnol ont fait de l’occupation des espaces publics et de la construction de la résistance sur le territoire un mode d’action privilégié pour forcer la visibilité, la légitimité de la lutte sociale. Ainsi se déploie un mouvement indépendant des appareils partidaires et des stratégies de conquête et d’occupation du pouvoir étatique, un mouvement d’action directe populaire.

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Verso lo sciopero generale e sociale nel mondo del lavoro, nei territori, nelle piazze

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Un toit est un besoin pour chacun-e et qui dit besoin, dit du même coup droit. Non pas un droit qui serait concédé par un quelconque pouvoir séparé mais un droit conquis par la mobilisation sociale, la lutte. En d’autres termes, une victoire politique, culturelle et symbolique, une avancée stratégique liée à l’accumulation de pratiques anti-hégémoniques.

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