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Message au Congrès de fondation de la Coordination anarchiste brésilienne

category brésil/guyane/suriname/guinée française | mouvement anarchiste | communiqué de presse author Tuesday June 12, 2012 20:00author by Federação Anarquista Gaúcha - FAG Report this post to the editors

L'anarchisme organisé au Brésil vivra dans les journées de Juin à Rio de Janeiro son plus grand événement historique contemporain. Le congrès anarchiste a une signification très particulière : il réunira des groupes d'environ dix États du pays pour débattre, pour définir des accords et des résolutions d'action afin d'appliquer des principes communs et des tactiques communes à la réalité brésilienne. Notre conviction, en plus de 10 ans de processus, est que l'anarchisme militant est une contribution indispensable à la lutte pour un changement social anticapitaliste. La réunion des forces militantes qui incarnent dans la Coordination un même concept de travail est une étape cruciale dans le cheminement vers la construction d'une organisation politique qui s'amorce maintenant. [Português]

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Message de la Federação Anarquista Gaúcha au Congrès de fondation de la Coordination anarchiste brésilienne


L'anarchisme organisé au Brésil vivra dans les journées de Juin à Rio de Janeiro son plus grand événement historique contemporain. Le congrès anarchiste a une signification très particulière : il réunira des groupes d'environ dix États du pays pour débattre, pour définir des accords et des résolutions d'action afin d'appliquer des principes communs et des tactiques communes à la réalité brésilienne. Notre conviction, en plus de 10 ans de processus, est que l'anarchisme militant est une contribution indispensable à la lutte pour un changement social anticapitaliste. La réunion des forces militantes qui incarnent dans la Coordination un même concept de travail est une étape cruciale dans le cheminement vers la construction d'une organisation politique qui s'amorce maintenant.

Notre idéologie est historiquement liée à la lutte des peuples et des classes opprimées, à leurs expériences, à leurs sacrifices et aux projets d'émancipation du système capitaliste. Contre les rapports de domination dans toutes les sphères de la pratique sociale, nous faisons une critique radicale, implacable ; contre les structures de pouvoir qui produisent et reproduisent la société de classes, nous répondons par la proposition d'un changement révolutionnaire ; contre la violence et le contrôle étatique, contre l'exploitation des patrons et contre les idées d'oppression qui circulent dans le corps social, nous opposons l'action militante intransigeante.

Nous sommes une partie intégrante d'un mouvement qui existe depuis des générations dans le mouvement socialiste des travailleurs, qui n'a pas commencé et ne se terminera pas avec nous. Nous sommes les continuateurs de ces idées et de ces valeurs, de cette vigilance à ne pas tomber dans les pièges du système ; nous sommes les continuateurs de ces compagnons et compagnes qui ont donné leur vie dans la bataille et dans les tragédies de l'antagonisme social du début de la classe ouvrière. Nous faisons partie aussi d'un peuple et d'une terre, d'une formation socio-culturelle, d'une histoire singulière où la résistance des peuples indigènes, des esclaves, du prolétariat, les pauvres et les opprimés de la puissance dominante ont laissé par leurs actes des traces de sang rebelle.

Le capitalisme, l'État et toute la structure idéologique du système ont toujours été les bourreaux impitoyables de l'anarchisme, comme de tous ses adversaires radicaux. Au Brésil, il n'en va pas autrement. Au cours de la Première République nous avons été confrontés à de fortes actions judiciaires et répressives qui ont détruit les organisations, les moyens d'impression, les activités populaires. Nous avons connu l'exil douloureux, l'emprisonnement et la liquidation de vies militantes qui étaient inestimables à notre cause.

Le capitalisme brésilien dépendant [2] a varié ses modes de fonctionnement pour préserver le noyau dur de ses éléments systémiques. Le projet libertaire a lutté avec de grandes difficultés à partir des années 30 pour agir politiquement dans un contexte historique et social de changement de la mentalité des masses, en s'opposant à l'opportunisme des bolcheviques et au peleguisme [3] travailliste au sein du prolétariat. Se trouvait en scène la croissance économique industrielle articulée à une structure juridico-politique assimilatrice de certains conflits du travail, qui contrôle de manière répressive les rebelles, castratrice des libertés d'action du courant classiste des syndicats. De nouvelles technologies de pouvoir dirigées par un modèle de domination bourgeois-autoritaire liaient les classes dominantes et un secteur ouvrier populaire important.

Pendant des décennies, notre champ d'activité a été réduit, réprimé, il a reculé devant des facteurs que nous pouvons brièvement désigner. Par souci d'équité, il faut dire que pendant cette longue nuit pour l'anarchisme, il y eut des compagnons et des compagnes qui, dans un effort inlassable, se battirent pour maintenir vivantes leurs idées à travers des projets d'organisation, des périodiques, des centres de recherche et de culture sociale, de l'activité dans les secteurs du mouvement des travailleurs, y compris les étudiants, etc., tâche ingrate qui prépara le terrain pour la postérité. Pour la gauche, le « socialisme réel » dans l'Est de l'Europe, les révolutions d'Asie, l'exemple réussi sur notre continent de la révolution cubaine, ont donné une grande puissance d'attraction pour les idées marxistes. L'univers tout entier des valeurs, des discours et des références de la guerre froide a franchi la lutte de classe avec la bipolarité, et écrasa les positions alternatives.

Dans les années agitées de transition de la dictature civile-militaire vers le régime représentatif bourgeois, la fin des années 70 a vu revivre l'anarchisme dans les luttes sociales avec de nouveaux moyens de propagande et d'action. Une nouvelle génération se mêla à l'expérience des anciens militants, qui ne sont plus nombreux. Revint à l'ordre du jour la réorganisation des centres culturels, du travail de diffusion de la critique sociale et des propositions libertaires. Dans différentes parties du pays, il y eut des militants opérant dans le mouvement étudiant, dans les luttes syndicales, avec une certaine responsabilité dans les activités populaires. Les conceptions du travail politique, les priorités et les objectifs à envisager en commun, les mécanismes fédérateurs pour assurer un fonctionnement régulier étaient, à ce moment, très confus. Il y avait un esprit général de « synthèse », se manifestant dans l'espoir de réunir le peu que nous avions, de retrouver l'identité anarchiste en rassemblant tous ceux qui se reconnaissaient en elle.

Le thème de l'organisation et des mécanismes plus structurés pour l'action réapparut dans un contexte historique dans lequel la lutte publique de masse se déroulait pendant la transition bourgeoise vers la nouvelle légalité démocratique et fit émerger sur la scène nationale des mouvements sociaux, la classe ouvrière, les sans-terre. Le nouveau syndicalisme qui s'organisait par la base et les oppositions syndicales contre les « pelegos » et les vieilles structures corporatives étaient des forces sociales avancées dans la lutte politique pour les réformes sociales, au-delà du modèle démocratique graduel et contrôlé par les classes dominantes. La stratégie du syndicalisme révolutionnaire au début du XXe siècle et le fondement historique de la Confédération des travailleurs brésiliens [4] étaient alors les plus grandes références d'action sociale pour l'anarchisme. Les conceptions d'orientation pour le travail dans les années 80 s'appuyaient, pour un important groupe de militants, sur cette expérience syndicaliste, sur sa mémoire, sur ses valeurs et ses conquêtes sociales.

C'est dire que ce sont des conceptions mêlées avec celles d'aujourd'hui, avec ce qui est vivant en ce moment, ainsi qu'avec les exemples les plus attractifs de la lutte libertaire internationale de la voix de ses organes officiels. La constitution, au milieu de la décennie, d'un groupe de soutien pour l'AIT a formé une partie prépondérante des militants dans la lutte des classes autour des conceptions de l'anarcho-syndicalisme. Le projet des noyaux pour la reconstruction de la COB a connu ses années de travail honnête, de combats dignes de respect, des périodiques, des instances nationales, des efforts d'organisation variés. Mais il n'a pas atteint ses objectifs et au fil du temps, il a été désagrégé par les faiblesses d'une formulation, pensons-nous, qui a été décalée par rapport au temps et au lieu dans lesquels il se trouvait. L'anarcho-syndicalisme, version pro-COB, jeta nos faibles forces à contre-courant et à l'extérieur d'un vaste mouvement syndical qui a uni la classe et qui devait être intégré dans nos tactiques et principes.

C'est avec une main lourde que dans les années 90 le capitalisme appliqua avec les gouvernements successifs le modèle néolibéral dans notre pays, et grâce aux revenus de ses organismes internationaux. Le Brésil est vendu à la mondialisation, à l'action capitaliste féroce des marchés, à l'économie comme idée dominante dans la structure sociale, aux politiques d'ajustement budgétaire, à la privatisation, à la dépendance menaçante des pouvoirs financiers. La précarité, le chômage, la pauvreté, toute la structure de l'inégalité sociale pénètrent massivement dans notre ordre social. Le camp populaire contient son avance et défend ses droits durement acquis, les biens et des services publics qui répondent aux besoins sociaux. En général, on vit une inflexion conservatrice dans les idées et dans les pratiques sociales. La gauche réformiste, formée dans la nouvelle république sous la direction du PT, s'intègre progressivement dans les structures du pouvoir, dans les contrôles institutionnels et dans le jeu de reproduction du système.

Au cours de cette période, la partie la plus active de l'anarchisme chercha à se réorganiser et à faire des propositions liées à la réalité brésilienne, au présent historique, aux conditions et possibilités réelles. S'ouvrit une phase de rénovation critique, de gestation d'une volonté organisatrice qui chercha le coeur des solutions pour se mettre en phase avec l'histoire, avec les problèmes actuels, sans répétition de schémas. La FAU [5] inspira et soutint sa constitution. Il s'agit d'une expérience anarchiste latino-américaine qui eut la capacité politique de lutter dans différentes conjonctures historiques et de ne pas laisser le projet libertaire perdre sa place parmi les opprimés et leurs contextes sociaux spécifiques [6]. Le Processus de Construction Anarchiste Brésilien (PCAB), né dans le milieu des années 90, montra les premiers éléments de définition spécifique qui aujourd'hui nous réunissent pour un congrès anarchiste. Il eut des ambitions qui ne purent pas se réaliser, révéla ses limites et eut des attitudes qui ne furent pas suffisamment nombreuses pour être prises en compte. On créa l'OSL [7], une organisation de courte durée. De toute façon, une partie de notre génération, dont l'expérience politique a été construite dans les années 90, doit sa maturation à ce projet, à cette recherche de l'anarchisme militant pour son organisation spécifique et pour la construction d'une force sociale intégrée à la vie et à la portée de « ceux d'en bas ».

Le processus que nous connaissons aujourd'hui est différent. On apprend avec les pierres qu'on rencontre sur le chemin à ne pas trébucher aux mêmes endroits. Prenons les concepts d'orientation qui, au fil du temps, entrèrent en vigueur : l'action syndicale-populaire combinée avec le travail d'une organisation politique anarchiste. Un projet libertaire final qui réunit les capacités et les propositions pour les inscrire dans le présent, pour penser à notre temps social avec un discours ouvert et qui agit avec des certitudes idéologiques qui ne transigent pas avec les valeurs du système.

Le FAO (Forum de l'anarchisme organisé) commence presque à la période qui marque l'arrivée du PT au gouvernement national, avec le président Lula. Ce furent dix années qui eurent leur particularité. Le réformisme qui dirigea les luttes sociales et politiques des années 80 se posa en administrateur des institutions bourgeoises avec une politique conciliante envers les grandes puissances de la structure globale de domination. Les organisations populaires et les syndicats affiliés à cette stratégie se rangèrent dans l'appareil bureaucratique de l'État. Le gouvernement renforça le modèle dominant, modernisa avec ambiguïté la surveillance, avec des zones mixtes de collaboration de classe. Il combina des politiques de continuation des recettes néolibérales avec un pacte social aux teintes développementalistes qui accordait des compensations pour les pauvres. Ce fut une période de hauts profits pour les oligarchies et le grand capital, de coalition politique avec les vieux secteurs de droite, d'intégration relative de secteurs populaires, qui ne vit pas de changements structurels dans le contrôle de la richesse et du pouvoir. Ce modèle coexista avec une étape fragmentaire de lutte des classes, de faible accumulation combative, de réorganisation d'un monde du travail et de la pauvreté qui se dispersait et qui était hégémoniquement lié aux idées dominantes.

Le développement capitaliste n'est pas une alternative à l'émancipation des opprimés, il ne l'a jamais été. Le système et ses éléments internes ont une logique brutale et perverse qui ne favorise pas les projets de changement réel. La croissance économique que le Brésil connaît est une croissance du capital et des pouvoirs en place, c'est l'exploitation de l'emploi précaire, les bénéfices de la banque, les exportations agro-alimentaires, la spoliation du territoire et de l'environnement du peuple. Toute compensation sociale est marginale et contrôlée au sein de ces structures de domination. Le monde d'aujourd'hui est assailli par une attaque scandaleuse des banques et des vautours de l'argent, par toute la classe des propriétaires privés, qui provoqua l'escroquerie financière capitaliste au détriment des pauvres.

Ce système criminel frappe des millions de travailleurs par le chômage, il produit des conditions de vie précaires, des guerres impérialistes, l'augmentation de la misère et de l'oppression. La situation générale impose la mise en place urgente et nécessaire de projets qui aident à l'accumulation de forces antagoniques au système, incorporent des éléments radicaux de changement dans l'imaginaire collectif, pour faire place à une alternative socialiste. Notre courant libertaire, a toujours été historiquement un facteur idéologique favorable à de nouvelles relations sociales, où le socialisme et la liberté forment un horizon indispensable. Le Congrès qui rassemble les forces de l'anarchisme organisé est une étape dans cette voie.

La Coordination anarchiste brésilienne doit organiser les éléments permettant de construire une définition stratégique et tactique qui s'inscrit fortement dans le temps historique dans lequel nous devons vivre et lutter. Elle doit être un milieu militant qui se fasse entendre comme force collective, solidaire et combattive, plus en mesure d'agir ; avec des stratégies visant à défendre un programme d'action qui, dès maintenant, à partir de ses conflits spécifiques et généraux, chemine ensemble avec les travailleurs et le peuple. Toujours avec ceux qui luttent !

Mais, par-dessus tout, que se crée dans le cours de ses expériences, des mécanismes de renforcement, de ruptures, de pouvoir populaire.

Au Congrès ! 10 ans de la FAO !
Vive la Coordination anarchiste brésilienne !
Pour le socialisme et pour la liberté !

Federação Anarquista Gaúcha


1. Le Forum de l'anarchisme organisé (FAO) est un espace de débat et de rencontre entre des organisations, des groupes et individus anarchistes qui travaillent en utilisant comme base les principes et la stratégie de l'anarchisme dit « spécifique ». Le principal objectif du FAO est de créer les conditions de la construction d'une organisation anarchiste au Brésil. Lors de la rencontre nationale de 2010, à Porto Alegre, les groupes et organisations présentes décidèrent qu'il était temps d'approfondir le processus d'organisation. (E.V.)

2. Dépendant du capitalisme international. (E.V.)

3. Le « pelego » est la peau de mouton utilisée par les cavaliers gauchos. Il s'agit d'une pièce de laine de mouton, placée sur la selle, et fixée par une sangle, destinée à adoucir le siège. Par extension, le « pelegisme » désigne un dirigeant syndical, un travailleur, qui font le jeu du gouvernement et des employeurs, qui se présentent comme des «ramollisseurs» des relations entre l'Etat et les travailleurs. C'est un terme péjoratif utilisé dans le jargon du mouvement syndical pour désigner les dirigeants ou représentants d'un syndicat qui, au lieu de se battre pour les intérêts des travailleurs, défendent secrètement les intérêts des employeurs. C'est pendant la période connue comme « l'ère Vargas » (1930-1945) que se forma le « pelegisme syndical » au Brésil. (E.V.)

4. Confederação Operária Brasileira - COB.

5. La Fédération anarchiste uruguayenne (Federación Anarquista Uruguaya, FAU), fondée en 1956, dissoute en 1967 par le gouvernement de Pacheco Areco, elle entra dans la clandestinité jusqu'à 1971. La FAU fut l'une des promotrices de l'especifismo, favorable à l'organisation des anarchistes dans une organisation spécifiquement anarchiste, par opposition à ceux qui se contentaient de constituer un courant, dans le mouvement syndical par exemple. L'especifismo semble vouloir se distinguer du plateformisme. La FAU a eu, et a encore, une grande influence sur le mouvement anarchiste brésilien.

6. Trouvant son origine en partie dans l'immigration italienne et espagnole en Uruguay, qui avait participé, dès 1905, à la création de la Fédération uvrière régionale de l'Uruguay (FORU), la FAU comprenait de nombreux militants républicains de la guerre d'Espagne. Elle participa dès sa création aux luttes sociales, appuyant le renforcement des syndicats.

7. Organização Socialismo Libertário.

Traduction : Cercle d'études libertaires, Groupe Gaston-Leval, Fédération anarchiste, cel-gl at orange dot fr

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La Federação Anarquista de São Paulo (FASP - Fédération Anarchiste de São Paulo) a été fondée le 18 Novembre 2009! Bien que déjà active sous le nom de Pro-FASP depuis le début 2008, l'organisation a été officiellement fondée lors d'un événement qui a réuni les membres de la FASP et les délégués de la Federação Anarquista do Rio de Janeiro (FARJ)la fin de semaine dernière. [ Português ] [ English] [Italiano]

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