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Crimes d’État - Violences policières racistes, l’escalade!

category france / belgique / luxembourg | migration / racisme | opinion / analyse author miércoles febrero 15, 2012 06:29author by Nicolas Pasadena - Alternative Libertaire Report this post to the editors

Wissam à Clermont-Ferrand, Abdel à Aulnay, en quelques jours, deux jeunes adultes sont morts après avoir croisé le chemin de la police. Ils viennent grossir une liste de meurtres déjà bien longue. Il est temps de réagir et de solidariser autour des luttes pour la vérité et la justice…
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À Clermont-Ferrand, le jeune Wissam el Yamni à succombé à un coma après un tabassage policier en règle le jour du nouvel an. C’est une dizaine de jours seulement après qu’à Aulnay, le jeune Abdel el Jabri meurt d’un arrêt cardiaque après avoir lui aussi croisé sur sa route des policiers. Officiellement, ces derniers ne seraient pas responsables. Auprès des habitantes et des habitants, cette absence de responsabilité ne passe pas. Ces morts s’ajoutent à un nombre croissant de violences policières impunies ces dernières années. Au même moment, avaient lieu les procès des policiers responsables de la mort par étouffement d’Akim Ajimi à Grasse en 2008 ainsi que des responsables de la mort d’Ali Ziri, un chibanis de 60 ans, à Argenteuil en 2009, qui a abouti à un non-lieu le 8 janvier dernier ! Il n’est pas acceptable que la police puisse tuer impunément !

Ces meurtres ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Derrière se cachent les violences des contrôles à répétitions et au faciès, des gardes à vue, des insultes, ce sont les comparutions immédiates, des incarcérations parfois de plusieurs années sans sursis, sans preuves suffisantes, sur le seul témoignage de policiers ou de dénonciations. C’est aussi l’humiliation que ressentent les parents, les proches et les habitants du quartier. Les comités pour la justice n’hésitent pas à parler de traumatisme.

Le bras armé de l’ordre social et colonial

À chaque fois, les victimes sont «noires» ou «arabes». Il s’agit de crimes racistes, dont la police, jouissant de l’impunité, ne se prive pas. Le lien n’est plus à faire avec la politique d’État anti-immigrés et l’habituelle stigmatisation du «jeune de banlieue». L’ordre policier doit s’analyser en tant que garant de l’ordre social : la police a toujours été une arme de défense de l’État et de la bourgeoisie contre les mouvements de protestation ouvriers ou par la protection de la propriété privée contre les «voyous» venu des quartiers pauvres.

Mais la police est également garante d’un ordre colonial aux racines historiques : au siècle dernier, l’État faisait régner un ordre bien pire dans les colonies, de la répression quotidienne jusqu’au crimes coloniaux de masse, de Sétif et Guelma en 1945 à la « Guerre secrète » au Cameroun entre 1946 et 1962 – 100 000 morts – en passant par Madagascar en 1946 – 80 000 mort – et sans parler de l’Indochine et de l’Algérie.

Dans ce dernier cas, les travailleurs algériens ont subi la répression de masse en métropole dont le paroxysme fut le massacre du 17 octobre 1961 [1].

La bavure est un crime raciste

Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer qu’un massacre d’une telle ampleur se reproduise sur le territoire français. C’est pourtant plus de 200 morts depuis 30 ans dus aux violences policières. Le racisme de ces violences n’est pas seulement celui des agents mais le résultat d’un racisme systémique inhérent aux politiques d’État. Du point de vue de la police qui a pour rôle de maintenir l’ordre républicain dans les cités, de réprimer le port de la burqua, de faire la chasse au Rroms et aux sans-papiers, la menace est étrangère, elle a le teint bronzé et des codes culturels pas très catholiques ! Pourtant cette impunité policière touche au-delà des victimes « racisées » habituelles : Denis Godard, militant du NPA et d’Act’up, s’est fait frapper par un policier dans un commissariat du IIIe arrondissement de Paris pour avoir siffloté l’Internationale.

De son propre aveu, c’eût été évidemment pire s’il n’avait pas été un homme blanc de 47 ans [2] : nous ne sommes pas tous égaux face à la police. Malgré cette escalade, la solidarité de classe peine à s’imposer et la réactivité lors de la répression des mouvements sociaux n’est pas celle face aux violences policières.

Pour exemple, quelques mois après les massacres du 17 octobre 1961, huit militants anticolonialistes français meurent au métro Charonne. La mémoire du mouvement sociale ne retiendra pendant des décennies que ces huit morts, oubliant les centaines d’Algériens massacrés. A l’heure de la commémoration des 60 ans de Charonne, il ne faut plus accepter une telle différence de traitement.

Un combat global des quartiers

Des rassemblements importants ont eu lieu à Grasse le 7 janvier en mémoire d’Akim Ajimi et à Argenteuil le 14 pour déposer une plaque commémorative à la mémoire d’Ali Ziri. Désormais la riposte s’organise au niveau national, les différents comités pour la vérité et la justice tentent de se regrouper. Ainsi le 14 janvier dernier, des membres du comité de soutien à Akim Ajimi étaient montés de Grasse et Marseille à Clermont-Ferrand pour participer à la marche pour Wissam, tandis que des membres du comité de Wissam étaient montés au même moment à Argenteuil où étaient également présents des membres du comité d’Aulnay où une marche avait été organisée la veille. Le vendredi 20, un rassemblement a été organisé a la mémoire d’Akim Ajimi, à la fontaine des Innocents à Paris : autant d’initiatives solidaires représentent un espoir de voir se fédérer tous ces combats longtemps menés isolément.

Devant cette solidarité qui se met en place, le mouvement social doit se solidariser à son tour, en comprenant que les crimes policiers racistes sont le paroxysme de la violence de classe contre laquelle nous luttons.

Ainsi tout en luttant contre le chômage, les discriminations et la destruction des services publics, qui ségréguent toujours plus les cités, il nous faut exiger la condamnation des policiers et dénoncer la politique d’État coloniale à l’œuvre. Une campagne s’organise actuellement dans ce sens : le « printemps des quartiers ». Reste à définir les moyens de pression et d’action pour la lutte des quartiers. De même que les travailleurs font pression sur les capitalistes et l’État par la grève et le blocage de l’économie, les quartiers populaires doivent s’employer à faire pression sur ces mêmes rouages. Autrement, ce sera toujours la révolte de mode émeutière qui s’y substituera comme seul moyen d’exprimer la colère populaire de ces quartiers.

Nicolas Pasadena
(Commission antiraciste d’Alternative Libertaire)


[1] Voir Alternative libertaire n°210 d’octobre 2011
[2] «Maintenant il faut leur couper le sifflet aux flics», Denis, You tube

Related Link: http://www.alternativelibertaire.org

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