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Les élections truquées ne feront qu'encourager la rébellion de masse en Egypte

category afrique du nord | luttes dans la communauté | entrevue author Thursday December 01, 2011 22:39author by José Antonio Gutiérrez D. Report this post to the editors

Dernières nouvelles du Caire

Vendredi, des millions de personnes sont de nouveau descendues dans la rue pour protester contre le conseil militaire qui dirige l'Egypte depuis la chute de Mubarrak (Le CSFA), alors qu'ils insistaient sur le fait que les élections auraient lieu. Et cela, malgré le fait que beaucoup de libéraux et de partis politiques progressistes exprimaient des doutes quant à leur participation au processus électoral, tout en annonçant la formation d'un nouveau gouvernement de Salut National dirigé par Mohamed El Baradei, afin d'explorer une nouvelle alternative bourgeoise au règne militaire – l'idée principale étant de garder les masses éloignées du processus de décision et de leur retirer tout pouvoir . Lors du week-end, les affrontement se sont déplacé vers le palais du gouvernement, où le sang des manifestants a encore été répandu par les forces répressives du régime. Aujourd'hui, lundi, c'était le jour des élections et rien que pour la première heure, plus d'une centaines de plainte pour irrégularités ont été faites. La participation a été faible. Beaucoup ont dut qu'ils iraient voter en manifestant à Tahrir. Beaucoup comprennent que ce vote valide le régime existant et l'éventuel nouveau régime né dans l'ombre du CSFA. [English] [Castellano] [Esperanto]
(Photo : Lilian Wagdy)
(Photo : Lilian Wagdy)


Les élections truquées ne feront qu'encourager la rébellion de masse en Egypte

Dernières nouvelles du Caire


Vendredi, des millions de personnes sont de nouveau descendues dans la rue pour protester contre le conseil militaire qui dirige l'Egypte depuis la chute de Mubarrak (Le CSFA), alors qu'ils insistaient sur le fait que les élections auraient lieu. Et cela, malgré le fait que beaucoup de libéraux et de partis politiques progressistes exprimaient des doutes quant à leur participation au processus électoral, tout en annonçant la formation d'un nouveau gouvernement de Salut National dirigé par Mohamed El Baradei, afin d'explorer une nouvelle alternative bourgeoise au règne militaire – l'idée principale étant de garder les masses éloignées du processus de décision et de leur retirer tout pouvoir . Lors du week-end, les affrontement se sont déplacé vers le palais du gouvernement, où le sang des manifestants a encore été répandu par les forces répressives du régime. Aujourd'hui, lundi, c'était le jour des élections et rien que pour la première heure, plus d'une centaines de plainte pour irrégularités ont été faites. La participation a été faible. Beaucoup ont dut qu'ils iraient voter en manifestant à Tahrir. Beaucoup comprennent que ce vote valide le régime existant et l'éventuel nouveau régime né dans l'ombre du CSFA.

Le scenario le plus probable, c'est que les Frères musulmans gagnent ces élections fantoches, mais cela n'aura que peu voire aucune signification. Une telle élection irrégulière, prenant place au milieu d'une violence écrasante, et organisé par un régime qui a très peu de crédibilité n'apportera pas la stabilité à l'Egypte. D'un autre côté, depuis février, les frères musulmans se sont alliés avec le CSFA corrompu et ils ont pris leurs distance avec les masses révolutionnaires qui les regardent avec raison comme étrangers à leur lutte. Le peuple en a marre et cela veut seulement dire que cela doublera la détermination des gens à mener cette bataille décisive. Bien que les masses étaient dans l'expectative la nuit dernière, il y a déjà eu des discussion entre travailleurs et syndicats afin de faire grève une fois le show électoral terminé.

Une fois encore, notre camarade Yasser Abdullah, du mouvement socialiste libertaire egyptien, nous a fais un point sur la situation. Cette conversation a eu lieu la nuit dernière (le 28 novembre), vers environ 11 heure du soir.

José Antonio Gutiérrez D.
29th November, 2011
Que s'est il passé sur le plan de la lutte depuis vendredi 25 novembre ?

Vendredi il y a eu des appels pour une manifestation « d'un million » sur la place Tahrir pour mettre fin au régime militaire, et il y a eu aussi des appels à une petite manifestation en soutien au régime militaire à Abbasseya – c'est une ruse classique pour montrer que le peuple égyptien est divisé, alors qu'il ne l'est clairement pas, et que Tahrir n'est pas la majorité, alors qu'il s'agit clairement de la vaste majorité du peuple. Ils ont également déclaré que la révolution s'est terminé quand Mubarak est parti.... Ici ils jouent avec le concept de révolution lui-même, parce que le nouveau soulèvement arabe redéfinie bien des concepts y compris celui de révolution. En effet, le monde arabe a été pendant des décénies sous la coupe de régimes militaires se définissant exu-mêmes comme « révolutionnaires »- Kadhafi s'appelait ainsi lui même « le guide de la révolution », mais tout cela n'avait guère de sens. Actuellement, en l'occurence c'est le thème principal de beaucoup de films qui traitent du coup d'Etat militaire de juillet 1952 en Egypte... Pour de nombreuses générations, c'est cela que signifiait la révolution, comme si c'était quelque chose qui était l'oeuvre de chefs éclairés, pas par les masses, alors les gens pensaient que la révolution c'était l'armée.

Au contraire, les forces révolutionnaires réelles constatent que la révolution se fait contre le régime militaire, pas seulement contre le régime de Mubarrak. A Tahrir le pouvoir politique, le pouvoir bourgeois qui craint la révolution autant que la Junte la craint, a essayé de calmer les impulsions révolutionnaires en formant un gouvernement de salut national, et en l'annonçant depuis une place, mais peut on former un gouvernement de cette manière ? Ils l'ont appelé Gouverrnement de salut national sans vote, sans appeler d'assemblée générale.

La bonne chose c'est que vendredi l'appel en faveur d'un gouvernement de salut national a fait bouger certains manifestants vers le Palais gouvernemental et en occuper l'entrée afin d'empêcher le premier ministre nommé par le CSFA, Kamal El Ganzoury, d'entrer dans l'édifice. Dimanche, les forces centrales de sécurité ont tenté une descente contre le sit-in mais se sont retiré après avoir tué un manifestant en lui roulant dessus avec un véhicule blindé... Son nom est Ahmed Sayed Souror (vous pouvez regarder http://www.youtube.com/watch?v=Mej6yRCCs00). Le sit-in continue maintenant devant le palais gouvernemental.

Que va-t-il se passer avec les élections ?

Nous sommes à la veille des élections et personne ne connait les détails à propos du processus..., le CSFA a dit que le processus électoral durera 2 jours à chaque phase, et que le processus complet se déroulera en 3 phases, donc c'est là que des questions se posent... Qu'en sera-t-il des urnes ? Comment les garderont-ils pendant 2 jours ? La réponse est qu'ils seront gardés dans le ministère de l'intérieur, quelle blague ! Le ministère de l'intérieur est la principale force répressive en Egypte, et elle est supposé garder un oeil sur les urnes... et le peuple doit croire que la police sera honnête...

Lors du référendum précédent qui a eu lieu le 19 mars, j'ai été personnellement témoins de nombreuses irrégularités dans le processus, et je pense que le CSFA a fabriqué les résultats de manière à ce qu'ils soient en sa faveur. Des forces qui se sont alliées à la junte militaire, comme Ikhwan (les frères musulmans) et les salafistes, croient que le CSFA eur donnera le parlement, donc ils ont fait de leur mieux pour éviter le sit in à Tahrir, et quant ils ont échoué dans cette tentative, ils ont commencer à faire de leur mieux pour accuser les « anarchistes » d'inciter à la violence afin d'empêcher la tenue des élections parlementaires. L'un d'entre eux a dit que les anarchistes étaient contre le parement car le parlement travaille seulement pour les riches. Sur de nombreux forums ou pages facebook, ces accusations ont été lancées contre notre groupe. Yasser Abdelkawy, un camarade d'Alexandrie, et moi même, avons été nommé, et ils disent que nous sommes responsable d'avoir incité à la violence contre la police afin d'empêcher que les élections aient lieu.

Je pense que le peuple doit se faire sa propre expérience... Dans bien des cas on peut juste dire ce que l'on pense, mais on ne peut pas l'imposer au peuple. Donc il peut être nécessaire pour certaines personnes d'aller voter pour se rendre compte de la ruse qui se cache derrière les élections, et la suite amènera ainsi plus de contestation contre le CSFA.

Est-ce qu'il y a un quelconque accord concret pour le gouvernement de salut national ? Que pensez vous d'une telle solution ?

Il y a 2 gouvernements de salut national. L'un a été formé par le CSFA, et l'autre par les partis politiques bourgeois. Notre mouvement s'oppose à l'un comme à l'autre, car ils essaient de garder le peuple en dehors du jeu, de faire des adhérents par des appels téléphonique et non par la démocratie directe et les assemblées générales, alors qu'elles seules représentent le peuple au Caire.

Le gouvernement de salut national d'El Baradei a été formé vendredi au Caire sans aucun processus démocratique... C'est la même mentalité qu'on retrouve du côté de la junte militaire comme des parties politiques. … Ils sont des experts, politiciens, dissidents, qui peuvent former des gouvernements pour les gens non organisés. Comme mon camarade Mohamed Jean Veneuese m'a un jour dit « les technocrates sont les meilleures amis des fascistes ». Je pense qu'il avait plutôt raison.

Si les gens qui se battent dans la rue ne sont pas organisé, alors quelle est la chance pour une vraie révolution d'aboutir ?

La révolution ne peut aboutir sans peuple auto-organisé, sans un mouvement à la base, sans une participation de masse de chaque secteur de la société, donc tôt ou tard les gens ont à s'organiser d'une nouvelle manière. Maintenant le peuple a perdu confiance dans les anciennes manières, mais ils ont encore à identifier les nouvelles manières. Tôt ou tard ils découvriront leur manière, aussi longtemps qu'ils continuent à se battre contre la Junte militaire.

Quelle est la position des syndicats ? Ils ont joué un rôle crucial pour la chute de Mubarak... Est-ce qu'ils descendent dans la rue cette fois ?

Les syndicats ont beaucoup des défauts de la vieille gauche... Les travailleur-euses ont l'impression qu'ils sont instrumentalisés par les parties uniquement pour obtenir leur vote. Les travailleur-euses savent qu'ils peuvent donner aux partis électoraux une nouvelle impulsions, mais ils n'ont pas encore découvert qu'ils peuvent s'organiser à la fois pour des revendications économiques et des revendications politiques. J'ai pris contact avec des travailleur-euses actifs dans les syndicats pour discuter d'une grève politique avec eux mais ils m'ont dit qu'ils allaient attendre. Je pense qu'ils attendent à cause des élections, donc attendons et regardons ce qui se produira demain et après demain.

La crise politique n'est pas terminé pour le moment. Les Egyptiens se rendront aux urnes, sans un gouvernement, sans certitude... Cette incertitude peut parfois aider à implanter des idées révolutionnaires dans un terrain fertile.

Vive la révolution
Gloire à nos martyrs et nos héros
Vive l'anarchisme !


Traduction française : Berckman (CGA)

Des frères musulmans « aidant » des électeurs dans un bureau de vote le 28 novembre 2011 (Photo : Lilian Wagdy)
Des frères musulmans « aidant » des électeurs dans un bureau de vote le 28 novembre 2011 (Photo : Lilian Wagdy)

Collage de un affiche électorale devant un bureau de vote au Caire, le 28 novembre 2011 (Photo : Lilian Wagdy)
Collage de un affiche électorale devant un bureau de vote au Caire, le 28 novembre 2011 (Photo : Lilian Wagdy)

Humour politique à Tahrir (Photo : Lilian Wagdy)
Humour politique à Tahrir (Photo : Lilian Wagdy)

Humour politique à Tahrir (Photo : Lilian Wagdy)
Humour politique à Tahrir (Photo : Lilian Wagdy)

Jugement pour le Général Hamdy Badeen, assassin de révolutionnaires (Photo : Lilian Wagdy)
Jugement pour le Général Hamdy Badeen, assassin de révolutionnaires (Photo : Lilian Wagdy)

"Chers parties, chères élites: barrez vous!" (Photo : Lilian Wagdy)
"Chers parties, chères élites: barrez vous!" (Photo : Lilian Wagdy)

"Tantawi, tu es un menteur, ton nez est comme le nez de Pinocchio" (Photo : Lilian Wagdy)
"Tantawi, tu es un menteur, ton nez est comme le nez de Pinocchio" (Photo : Lilian Wagdy)

"Attention ... les médias utilisent les révolutionnaires pour soutenir El Baradei!" (Photo : Lilian Wagdy)
"Attention ... les médias utilisent les révolutionnaires pour soutenir El Baradei!" (Photo : Lilian Wagdy)

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