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L'agenda Mafieux de L'international

category amérique centrale / caraïbes | impérialisme / guerre | presse non anarchiste author Thursday August 19, 2010 10:58author by JOEL LEON Report this post to the editors

LE COMPORTEMENT SUSPECT DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE EN HAITI.


L’AGENDA MAFIEUX DE L’INTERNATIONAL

JOEL LEON

«L’occident mentait à l’homme noir, à l’homme jaune et a l’homme blanc. Il mentait au moins depuis quatre siècles a tous les colonisés de la terre»
René Depestre (Alléluia pour une femme jardin)

La communauté internationale a beaucoup d’agendas pour Haïti. Elle veut un état stable à la manière de la république Dominicaine ou les mouvements sociaux subissent les « lois du sacrifice pragmatique » imposées par les investisseurs étrangers. Il faut des élections pour assurer l’alternance politique sans violence, faire d’Haïti une extension touristique de la république Dominicaine, maintenir dans une cage le peuple revendicatif d’Haïti en l’arrosant de jobs dans les hôtels et restaurants, s’approprier silencieusement de la souveraineté nationale et envahir le pays d’homosexuels et lesbiennes pour satisfaire les désirs des riches pervertis. René Préval, par l’intermédiaire de ses conseillers canadiens, le connait très bien, l’agenda international, il s’impose comme le seul garant de cette stabilité. Les blancs le crurent jusqu'à ce que des manifestations nationales éclatent dans le pays réclamant sa démission. L’image qu’il s’était projetée de lui s’évapore a grande vitesse qui pousse les blancs à interroger ses multiples promesses. L’agenda international dépend en grande partie de la capacité des dirigeants à pacifier les masses populaires. Le prochain président d’Haïti sera un homme fort pour ne pas dire un « san manman » capable de rééditer le massacre de René Préval a cite soleil au mois de décembre 2008.

QUELLE STABILITE !

L’international veut que des technocrates s’investissent du pouvoir en Haïti en vue de renforcer une classe moyenne haïtienne sans vocation et moribonde. L’administration publique, doit être dirigée par des cadres ayant étudié dans les grandes capitales occidentales. D’après cette Policy, c’est le seul moyen de stabiliser le pays en invitant plus de bouches autour de la table. Le problème c’est qu’a chaque coup d’état, traditionnellement conceptualisé et financé par la CIA, des cadres sont contraints à l’exil volontaire ou involontaire afin d’échapper a la chasse aux sorciers déclarée par le gouvernement issu du coup. Ainsi bon nombre de professionnels haïtiens quittent le pays, se refugiant sous d’autres cieux plus cléments que celui d’Haïti transformé en cauchemar par les puissances occidentales. L’exode de la classe moyenne est la conséquence de la politique de terre brulée pratiquée contre les masses revendicatives haïtiennes qui crée cette instabilité chronique.

Les masses ne font pas partie de cet agenda cynique de renforcement de la classe moyenne ; on s’en fout pas mal, qu’elles crèvent ! Le seul problème c’est comment parachuter les technocrates au pouvoir pour s’assurer d’une certaine « stabilité ». L’expérience de Gérard Latortue a la primature après le coup du 29 février fut un projet pilote pour conditionner l’avenir. Son échec patent a mis cette tendance en détresse, car l’un des problèmes avec les technocrates en exercice, dans le tiers-monde et les pays de l’ancien bloc de l’est, c’est qu’ils ne pensent pas, ils mettent en pratique des recettes comme des robots, très souvent mal apprises et inadaptées. En guise d’amélioration, très souvent les technocrates conduisent les pays à des catastrophes économiques obligeant les dirigeants à faire marche-arrière sur les cadres indigènes. Gérard Latortue, s’est envolé sans pouvoir assister à la passation des responsabilités étatiques au nouveau locataire de la primature, parce que sa tête a été mise à prix dans les milieux populaires. Malgré tout, les technocrates venus de l’étranger sont indispensables aux élections à venir.

Le suffrage universel, c'est-à-dire les élections, que l’occident promote à coup d’argent et de manipulations depuis plus de 50 ans, ne s’affirme pas toujours comme un outil déterminant et fiable a leur cause. Le cas d’Haïti du 16 décembre 1990, s’impose comme un échantillon incontournable de la fragilité du suffrage universel. Jean B. Aristide, le candidat des pauvres a fait une razzia au cours de ces élections, au prime a bord destinées a Marc Bazin. La participation massive des pauvres dans ces joutes à porter les « Policy makers » à revoir totalement leurs copies et recourir a la méthode sauvage de coup d’état pour se défaire du défi des masses. Cette arrogance des pauvres a été punie par plus de 5000 morts pendant 3 ans, naturellement, non sans résistance. Aujourd’hui, les transfuges ne seront pas admis, il faut des valets authentiques à la première magistrature de l’état. Donc, les élections ne seront que des formalités !

QUELLES ELECTIONS !

Comme je l’avais déjà ecrit dans « Haïti : eleksyon pike kole », les élections prévues pour je ne sais quand, seront une farce. Maintenant, il importe de comprendre pourquoi sont elles si colorisées avec ces multitudes de candidats folkloriques. Il ne faut jamais s’illusionner sur la capacité de l’occident a faire triompher sa cause, il le fait avec succès depuis plus de 2000 ans. Wyclef Jean et les autres sont là pour exciter de l’intérêt à la mascarade, parce que le peuple a d’autres chats à fouetter qui sont beaucoup plus fondamentaux que la comédie des « amis d’Haïti ». Pour cela, tous les moyens sont bons, y compris transformer le processus en un carnaval des fleurs animé par des musiciens en mal de pouvoir. Cependant, il ne faut pas négliger les technocrates qui sont aussi dans la course.
Tout d’abord, déblayons le terrain ! Les occupants ne font pas confiance aux politiciens locaux.

Sur le plan international, on a toujours eu ce problème avec Haïti, les impondérables sont trop courants dans notre histoire et déraillent souvent les calculs des plus grands stratèges du département d’état et des autres sphères d’intérêts politiques. Drôle de pays, drôle de peuple ! Au département d’état on n’est pas optimiste a propos de la mission confiée à Bill Clinton en Haïti. S’il est vrai que Bill n’est pas étranger à la politique haïtienne, néanmoins ses limites sont patentes en termes de mettre ensemble une grande frange de la classe politique au profit d’un candidat. La mission de celui-ci est sous haute surveillance parce que tous les paramètres ne sont pas maitrisés. Il y a une certaine affinité typiquement haïtienne que les étrangers n’arrivent toujours pas à comprendre dans le pays, le jeu des alliances. Dans ce sens, ils n’arrivent pas a trouver une formule capable de cimenter autour de leurs hommes appropriés une alliance durable parce que chaque haut fonctionnaire rêve de devenir chef d’état un jour. Les ennemis d’aujourd’hui peuvent conclure des alliances inimaginables en moins de 24 heures. Ajouter a cela que dans les réunions internationales, l’haïtien dit toujours oui, pour se renier plus tard sans aucune gêne ou aucune explication plausible. L’exemple le plus condescendant à ce niveau est le cas d’Aristide. Apres avoir passe 3 ans en exil aux Etats-Unis, on croyait l’avoir pris au piège. Or, après son retour, en quelques jours, une remise en question de tout un ensemble de décisions ou promesses étaient déjà en branle à l’intérieur d’un plan de rectification. Les Clinton ne pardonneront jamais ce spectaculaire revirement à Aristide. Donc, la réalité politique haïtienne reste toujours mouvante avec des politiciens qui sont maitres dans l’art du jeu de dilatoire, qu’ils soient de droite ou de gauche. A partir de cette lecture, rien n’est totalement joué à l’ avance dans ce pays. Cependant, il faut que coute que coute les hommes du département d’état soient au pouvoir pour s’assurer du succès de l’agenda décrit plus haut, dont des parlementaires dociles a la cause.

D’AUTRES ENJEUX ELECTORAUX

Depuis le départ forcé de Jean B. Aristide pour l’exil, le 29 février 2004, plusieurs dizaines d’accords internationaux sont signés par Gérard Latortue et René Préval. L’exécutif pose ses actes très souvent en dehors du droit de contrôle du parlement haïtien. Des dizaines d’autres attendent le nouveau parlement, donc les élections législatives sont plus importantes que jamais pour le pays. Tous ces accords sont liés avec les gisements de toutes sortes que le pays possède dans son sous-sol. Déjà des compagnies sont sur le terrain exploitant de l’or, sans que le bureau des mines puisse produire des explications à ce sujet. Il suffit de jeter un coup d’œil dans le « livre blanc » de Fanmi lavalas pour se faire une idée des richesses minérales que le pays a en réserve.

Des rumeurs persistantes courent les milieux diplomatiques Haïtiens et les couloirs des Nations-Unies sur la forte probabilité qu’Haïti s’étende sur une réserve pétrolifère comparable à celle de l’Arabie Saoudite. Au Canada, le premier ministre Jean Max Bellerive, avait admis que le pétrole est bel et bien existé en Haïti. Sans compter, au bureau des mines, les demandes exploratoires des 4 plus grandes compagnies mondiales dans ce domaine. Donc, un parlement « koupyon » est nécessaire pour ratifier les accords antinationaux et promulguer des lois tributaires a la nation. Le combat pour la conquête du pouvoir exécutif se fait sous les éclats des media, mais l’autre lutte pour le contrôle du législatif se fait sans les regards du public qui, est beaucoup plus fondamentale encore pour le futur du peuple haïtien. Le parti de René Préval, INITE, le comprend absolument bien et s’investit à fond pour s’octroyer une majorité absolue au sein du nouveau parlement.

« LOIS DU SACRIFICE PRAGMATIQUE »

« Lois du sacrifice pragmatique » est une approche consistant à négocier avec les gouvernements des pays de la périphérie des termes invisibles, ne figurant nulle part, que les autorités du travail doivent fourrer dans la gorge des syndicalistes jaunes. Sous formes de « renforcement institutionnel et démocratique », des organisations comme l’IRI, MDI, Open Society, National endowment for democracy etc. sont la pour maitriser les organisations sociales et populaires. Les voyages à l’étranger dans des conférences ou séminaires sur le travail sont très courant, ce qui crée un sentiment de supériorité chez les dirigeants syndicaux par rapport aux masses salariales. Tout ceci dans l’objectif de créer un climat stable favorable aux investissements étrangers, d’après ce qu’on dit, indispensable a la croissance économique et création d’emplois. Pour eux, stabilité est synonyme d’obéissance aveugle, voir même d’abandon des droits revendicatifs des travailleurs de lutter pour améliorer leurs conditions de travail et de vie. En fait, ils d’une société civile haïtienne docile.

L’agenda en cours n’est pas national, d’où la nécessite de le combattre du bec et des ongles

JOEL LEON

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