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Montréal: Grève(s) générale(s) à l’UQAM

category amérique du nord / mexique | luttes en milieu de travail | nouvelles author Saturday April 25, 2009 04:37author by Cause commune - Union communiste libertaireauthor email journal at causecommune dot net Report this post to the editors

Que dire maintenant de la grève générale illimitée qui perdure depuis le 9 mars 2009? La grève a été déclenchée par le SPUQ dans le cadre de la négociation d’un nouveau contrat de travail. Rapidement, des associations étudiantes ont rejoint ce mouvement. Pendant la première semaine d’avril, plus de 30 000 étudiantes et étudiants et tout le corps professoral font la grève.

En 1976, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) est paralysée pendant quatre mois par une grève générale illimitée. Celle-ci fut déclenchée par le syndicat des professeur-e-s (SPUQ) pendant la négociation de sa convention collective. À l’époque, cette grève est appuyée par plusieurs associations étudiantes, lesquelles prennent part au conflit. De l’aveu même du SPUQ, la grève générale de 1976 a permis d’obtenir des gains majeurs pour ses membres. Mais depuis, ce moyen de pression n’a plus été utilisé par le SPUQ, lequel a peu à peu perdu de sa combativité.

Pourtant, d’autres grèves ont fréquemment perturbées l’UQAM, session après session. Il est vrai que la population de l’UQAM conserve encore une réputation d’engagement et de militantisme. Mais il ne faudrait certainement pas réduire la cause de ces grèves récurrentes à un simple phénomène d’activisme universitaire. Tout comme l’ensemble du réseau d’éducation public, l’UQAM souffre d’un sous-financement chronique. Historiquement, sa mission première est de favoriser l’accessibilité aux études. Encore aujourd’hui, elle figure parmi les universités conservant les frais d’études les plus bas tout en ayant la proportion d’étudiantes et d’étudiants à temps partiel la plus élevée. Mais cette mission d’accessibilité et sa spécialisation académique désavantage l’UQAM par rapport aux autres universités en terme de subventions gouvernementales et de revenus tirés de la poche des étudiantes et étudiants. Pour ajouter à sa «malchance», l’université est spécialisée en sciences sociales. Or, on sait bien que les facultés dont les programmes d’études ne servent pas directement les intérêts du marché sont désavantagées en terme de subventions.

Que dire maintenant de la grève générale illimitée qui perdure depuis le 9 mars 2009? La grève a été déclenchée par le SPUQ dans le cadre de la négociation d’un nouveau contrat de travail. Rapidement, des associations étudiantes ont rejoint ce mouvement. Pendant la première semaine d’avril, plus de 30 000 étudiantes et étudiants et tout le corps professoral font la grève.

Parmi les revendications du SPUQ, l’embauche de 300 nouveaux et nouvelles professeur-e-s est celle qui lui vaut le plus d’appuis, sans doute parce qu’elle sert davantage les intérêts de la majorité des membres de la communauté universitaire. Les associations étudiantes restent tout de même critiques face aux demandes salariales des professeur-e-s, qui constituent un groupe plutôt aisé et privilégié dans notre société. Cependant, l’augmentation des salaires, prise dans un contexte de compétitivité entre les universités, donnerait à l’UQAM la capacité d’attirer davantage de professeur-e-s dans des domaines spécialisés.

Les associations étudiantes fournissent un appui majeur aux professeur-e-s, tant et si bien qu’elles font maintenant partie du rapport force de cette grève. Il s’agit là d’un élément important que bien des professeur-e-s semblent avoir de la difficulté à comprendre. Malgré une grève en apparence générale, le rapprochement et l’organisation entre les différentes bases de grévistes reste difficile. Une solidarité se construit au quotidien, mais jusqu’où toutes les personnes impliquées sont-elles prêtes à aller? Il faut souligner que contrairement à l’an dernier, le SPUQ est solidaire de la revendication visant à obtenir le refinancement de l’UQAM.

Quel dénouement aura la grève cette session? Est-ce que le conflit débouchera sur une entente à rabais afin d’éviter une loi spéciale? Le conflit doit maintenant interpeller et perturber le gouvernement : c’est ce qui est visé par la question du refinancement. Le manque de subventions publiques et la logique de privatisation qui affecte le réseau de l’éducation poussent les universités à entreprendre des projets d’envergure afin de récolter des revenus supplémentaires. La saga de l’Îlot Voyageur illustre bien l’échec flagrant de cette logique. Pour rendre le tableau encore plus noir, les projets du gouvernement au plan de la gouvernance visent à modifier la composition des conseils d’administration pour favoriser la présence de gestionnaires spécialisé-e-s, c’est à dire des personnes issues du secteur privé.

La grève du SPUQ est représentative de la crise d’un système d’éducation soumis à une logique de marchandisation. Nous pouvons tout de même espérer que cette grève permettra de forger des alliances à plus long terme entre militantes et militants. Chez les étudiants et les étudiantes, on a vu apparaître un conseil de grève, regroupant des grévistes issu-e-s de toutes les associations étudiantes. Le conseil de grève prend de plus en plus d’initiatives et s’occupe concrètement d’organiser des moyens de pression et de mobilisation. Un vent de radicalisation souffle sur l’université. De plus en plus de voix s’élèvent, appelant à défier une éventuelle loi spéciale. Quelle sera la réponse des professeur-e-s face à cet appel? À quel degré de répression faut-il s’attendre? D’ores et déjà, 45 arrestations ont eu lieu le 6 avril au cours d’une occupation de l’UQAM par des étudiantes et étudiants. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la fin de ce conflit n’est pas encore écrite.

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Extrait du numéro 24 du journal Cause commune

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